VIOLATION DES DROITS DE L’HOMME. Madagascar est le 108e pays examiné par le Conseil des Droits de l’Homme au sein de l’ONU.

Une vingtaine de pays ont posé des questions relatives au respect des Droits de l’Homme à Madagascar lors de la 7e Session de l’Examen Périodique Universel (EPU) qui s’est tenue au Palais des Nations Unies à Genève du 8 au 15 Février dernier. Ces questions portent notamment sur les arrestations illégales et les détentions arbitraires des politiciens et des journalistes, les restrictions de la liberté d’expression et la liberté de presse, le recrutement des enfants à des fins d’exploitation sexuelle, la violence contre les femmes et la disparition des personnes. En fait, la Grande île a été pointée du doigt car de nombreux cas de violation des Droits de l’homme ont été constatés en raison de la crise politique qui perdure dans le pays.

Situation préoccupante

La situation devient même préoccupante ont évoqué certains pays comme les Etats-Unis, le royaume Uni, les Pays-Bas, le Canada, la Norvège, la Suisse, l’Italie, l’Australie et la France à cause du refus de dialogue entre les partis politiques protagonistes. Les USA ont parlé d’une augmentation des violences perpétrées par des forces de l’ordre lors des arrestations tandis que le Canada a dénoncé une grave dégradation de l’appareil judiciaire avec une hausse importante des détentions illicites. Par contre, la France a parlé des arrestations sans mandat d’arrêt et que des enquêtes doivent être menées pour sanctionner les responsables de ces actes surtout ceux qui font de la torture. Nombreux pays intervenants réclament également l’arrêt immédiat de toutes formes de perquisitions à part la libération des prisonniers politiques. En fait, la plupart des pays ayant intervenu lors de l’EPU Madagascar ont recommandé le retour du pays aux accords de Maputo et d’Addis-Abeba, afin de garantir le respect des droits humains.

Réponses esquivées

Le ministre de la Justice, Christine Razanamahasoa qui a conduit la délégation malagasy pour cet examen devant le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, a esquivé diverses questions posées par les autres pays. Elle a annoncé que les réponses seront communiquées ultérieurement dont certaines seront faits plus tard par écrit car il s’agit d’une affaire politique sur laquelle elle ne peut pas statuer. « Elle est pourtant censée répondre à toutes les questions posées en demandant des conseils à ses collègues », a précisé Roland Chauville, le président de l’EPU. Par ailleurs, les mesures prises par l’Etat pour combattre le travail des enfants, les violences à l’égard des femmes et l’exploitation des jeunes filles pour le tourisme sexuel ainsi que la disparition forcée des gens, restent également floues, selon Omar Andriambahoaka, responsable de l’ONG Hope. Seuls les cadres réglementaires interdisant tous ces actes ont été évoqués. 

Enquêtes indépendantes

Mais la délégation malgache a promis qu’elle prend note et acte de toutes ces recommandations émises par les autres pays intervenants, dont entre autres l’ouverture des enquêtes sur l’affaire du 7 février par une commission indépendante. Les violences pratiquées par des éléments des forces de l’ordre à l’encontre des gens arrêtés qui préoccupent l’opinion internationale, feront également l’objet d’une enquête dès que le tribunal recevra des plaintes, a-t-elle rajouté. Par ailleurs, elle a évoqué qu’une procédure pénale est en cours sur l’exploitation illégale des ressources forestière dénoncée par la Norvège. Notons que l’adoption de ce rapport présenté par la délégation malgache s’est tenue hier soir. Les recommandations des pays intervenants ainsi que les responsables au sein du Conseil des Droits de l’Homme seront soumises au mois de juin prochain en vue d’une approbation ou non par l’Etat examiné.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8066 du 18-02-2010