La lutte pour avoir des employés qualifiés s’intensifie entre les infrastructures hôtelières. L’expansion du parc en est une des principales raisons.

L’insuffisance de personnel qualifié dans le secteur hôtelier se fait sentir. L’ouverture de nouvelles infrastructures dans le centre-ville d’Antananarivo et ses environs a conduit au débauchage des meilleurs employés des grands hôtels ayant déjà pignon sur rue. Ces derniers se voient proposer un meilleur salaire et ils démissionnent de leurs postes de travail.
« Certains de nos employés ont reçu des offres alléchantes avec une augmentation allant de 40 000 à 50 000 ariary du salaire que nous leur avons payé », annonce le directeur d’un grand hôtel de la capitale. Le personnel exécutant, à savoir les cuisiniers, les plongeurs, les femmes de chambre, est le plus ciblé.
Solution législative
Cette situation provoque de la rivalité entre les gérants d’hôtels. « Un tel comportement est tout simplement déloyal dans la mesure où nous les avons formés et avons renforcé leurs capacités pendant cinq à six ans. Et voilà que des gens débarquent et nous prennent nos meilleurs employés », s’insurge-t-il.
Pour pallier le manque de formation, la Fédération des hôteliers et restaurateurs de Madagascar (Fhorm) propose, parmi différentes solutions, la création d’une école hôtelière professionnalisante. « La Fhorm va négocier auprès du ministère de tutelle et de l’Office national du tourisme l’installation, dans un délai raisonnable, de cette école qui formera le personnel exécutant », avance Eric Koller, président de la fédération. « L’Institut national du tourisme et de l’hôtellerie est là, mais ce n’est pas suffisant », précise-t-il.
Parallèlement, les opérateurs du secteur entendent négocier avec le ministère du Tourisme et l’inspection du travail des contrats qui pourront baliser ces débauchages, car aujourd’hui aucune législation ne l’interdit.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4537 du 11-02-2010