L’heure est grave. La situation politique n’est plus viable pour le secteur économique. Certaines branches d’activités ont perdu leur crédibilité.
Beaucoup d’entreprises malgaches, ouverture économique oblige, travaillaient avec des partenaires étrangers et cela avait l’air de bien marcher aussi bien pour les promoteurs nationaux que les compagnies avec lesquelles ces derniers travaillaient. Mais cette longue crise politique a tout remis en question pour ces sociétés malgaches et les choses se sont davantage compliquées pour elles. En effet, bon nombre de promoteurs étrangers, partenaires de sociétés malgaches, ont lâché prise et préféré prendre du recul pour mieux apprécier la situation prévalant dans la Grande île.
Selon certains opérateurs travaillant dans le domaine du out-sourcing, un secteur où beaucoup de sociétés malgaches excellent, la situation dans cette branche d’activité est actuellement devenue très difficile pour les entreprises malgaches. Ils expliquent que les clients ne se bousculent plus pour demander services aux sociétés malgaches de ce domaine. «On essaie de se maintenir mais cela n’est pas évident», se lamente un promoteur national. Ce dernier d’affirmer que : «Le problème est que les partenaires à l’extérieur font de moins en moins confiance aux entreprises malgaches, qui pourtant ont travaillé avec eux depuis longtemps»

Sous-traiter

L’opérateur économique d’ajouter toujours que d’autres pays commencent à voler la vedette à Madagascar malgré le fait que le pays est reconnu pour le coût très raisonnable de sa main-d’œuvre. L’on note aussi que certaines entreprises malgaches ne sont plus à même de répondre correctement aux commandes de leurs clients et sont contraintes de sous-traiter des services à des sociétés implantées dans un autre pays comme Dubaï. Ce qui veut dire que des ressources sont parties ailleurs et que surtout, des employés ont perdu leur emploi.
La crise a assez duré comme cela, les entreprises locales n’en peuvent plus. Beaucoup d’entre elles ont déjà mis une bonne partie du personnel en chômage technique tandis que des unités de production ont déjà mis les clés sous le paillasson. Pour dire que la situation qui prévaut actuellement dans le pays ne plaide pas en faveur de l’économie nationale. Une simple théorie économique affirme que lorsque les entreprises ne peuvent pas produire, il ne peut y avoir de création de richesse.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8060 du 11-02-2010