Carburant. La flambée des prix concerne tous les produits. Le carburant va aussi suivre le train de la hausse. Une forte hausse.

Face à la baisse incessante du pouvoir d’achat, les consommateurs font tout pour limiter les dépenses journalières. Pour ce père de famille, cadre dans une société privée par exemple, il a préféré réduire considérablement ses dépenses en carburant pour mieux faire face à d’autres priorités comme la scolarité de ses enfants. Au lieu de dépenser 10 000 Ar de carburant, par jour pour faire ses courses, il n’en dépense plus que 15 000 ariary tous les deux jours. Ce qui lui fait pas moins de 100 000 ariary d’économie en un mois.

Ralentissement

En tout cas, ce réflexe à la limitation des dépenses est devenu monnaie courante au sein des ménages malgaches qui luttent quotidiennement pour la survie, surtout depuis le début de la crise de 2009. Mais le phénomène n’est pas sans conséquences sur l’ensemble de l’économie. Toute baisse de consommation entraîne en effet un ralentissement des activités économiques. Et ce ralentissement est d’autant plus visible quand il concerne les produits pétroliers qui prennent une part importante en matière d’activités liées aux transports et à l’industrie qui sont eux-mêmes des secteur économiques vitaux. Sur ce point, le ralentissement est important puisque si l’on revoit les analyses du secteur pétrolier publié par l’Office Malgache des Hydrocarbures (OMH), l’on a constaté tout au long de 2009, une baisse de 15% de la consommation tous les mois, par rapport à 2008.

Barre des 3 000 ariary

Outre cette tendance à la baisse de la consommation, le secteur pétrolier est aussi marqué par la montée incessante des prix depuis début 2009. Une hausse des prix qui va encore se poursuivre et se renforcer puisque de source auprès du milieu pétrolier, une importante hausse des prix est encore attendue, à la prochaine livraison. L’essence super 95 notamment connaîtra une montée vertigineuse de son prix, puisque l’on parle déjà de pas moins de 200 ariary par litre. En somme, si cette tendance se confirme, le super 95, actuellement vendu à 2900 ariary dépassera la barre psychologique de 3 000 ariary le litre.  Outre le cours du baril qui dépasse encore sur le marché pétrolier mondial les 70 dollars (et ce malgré une baisse constatée des derniers jours) cette hausse future des prix à la pompe résulterait surtout de la montée surprenante du dollar qui approche actuellement les 2 200 ariary. En un mois, l’ariary a accusé une dévaluation de 12%

Inflation généralisée

En tout cas, cette hausse attendue des prix des carburants provoquera inévitablement une inflation généralisée. Notamment pour les produits de première nécessité. D’ailleurs, la situation est déjà alarmante concernant les prix de la farine et du sucre qui ne cessent actuellement de monter. Et le prochain produit qui risque de suivre le train de la hausse sera probablement le pain. En effet, les boulangers se plaignent actuellement de la réduction importante de leur marge bénéficiaire, en raison de la hausse du prix de la farine qui a plus que doublé ces derniers temps. Et si le prix du gas-oil, un produit qui influe beaucoup dans la production du pain monte, les boulangers seront tôt ou tard, obligés de revoir également le prix du pain, à la hausse. Aux premières heures de la lutte pour le changement, les autorités de fait actuelles avaient promis un lendemain meilleur, notamment, des PPN à bon marché. Un an après la réalité démontre que ce n’était que des promesses en l’air.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8059 du 10-02-2010