Retirer les enfants qui travaillent pour subvenir aux besoins essentiels de la famille, tel est l’objectif global de l’Ipec Bit à travers ses actions. Pour ce, l’éducation et l’enseignement sont les premières armes utilisées pour atteindre les objectifs. Si l’on estime à 1 870 000 le nombre d’enfants qui travaillent, 9 000 ont été retirés et réinsérés dans le système scolaire, sur les 12 000 enfants sensibilisés. Inclus dans le projet Tackle financé par l’Union Européenne à une hauteur totale de 1 million $ USD, qui comprend 11 pays dont Madagascar, deux signatures de convention se sont tenues hier à La Rotonde à Besarety pour l’octroi de 117 000 $ USD pour l’Association pour la Promotion du Boeny (APB) et 101 000 $ USD pour l’ONG Sunlight de Fénérive-Est.
Réintégration en milieu scolaire. Lors de l’atelier de travail qui prendra fin ce jour, les coordonnateurs de projets ont été formés sur les procédures administratives, techniques et financières du BIT. Mais c’était aussi une occasion d’échanger les expériences entre les diverses ONG qui oeuvrent dans l’intérêt commun des enfants, mais aussi de rapporter les faits réels sur la situation du travail des enfants dans ces régions. L’APB, représentée par son coordonnateur de projet Sylvia Raharijaona, rappelle le dur labeur des enfants qui travaillent dans les champs et aident les parents à l’élevage et à la pêche, dans la région de Marovoay. Son association vise à réintégrer 1 000 enfants dans le système scolaire, à l’aide de subventions versées aux parents d’abord, mais surtout par le changement de comportement immédiat qui résulte de sensibilisations menées par les animateurs sociaux. La mise en place d’une lutte pérenne contre la pauvreté pour le développement de la communauté est la finalité du projet.
Pour l’ONG Sunlight, le projet cible 350 enfants. Une aide substantielle sera également versée aux parents pour qu’ils envoient leurs rejetons à l’école, mais la lutte réelle concerne la mentalité et le travail. « La plupart des enfants travaillent dans les champs, ou encore en cassant des cailloux, mais comme la ville n’est pas loin, beaucoup s’adonnent à la prostitution et au petit commerce », explique Jean Christophe Razafimanantsoa, coordonateur de projet de l’ONG Sunlight. La mise en place d’un comité de lutte contre le travail des enfants dans sa région est également en phase de mise en place.
Tackle. Le projet Tackle est un projet international qui représente 11 pays, depuis 2004. Combattre le travail des enfants par le travail et l’éducation, tel est son credo. La signature du projet permettant à Madagascar de bénéficier de ce projet remonte à 2008 et le projet durera jusqu’en 2012. Renforcer les lois pour la protection des enfants, convaincre les gouvernants d’instaurer une vraie politique de protection, mais aussi une réinsertion des enfants en milieu scolaire et toute la sensibilisation y afférente, tels sont les objectifs du projet. A Madagascar, quatre zones d’intervention ont été repérées, dont la région Boeny, Analanjirofo (qui viennent d’acquérir les fonds) mais aussi Vakinankaratra, qui signera en mars, et la région Sud-Est pour le mois de mai. La priorité s’adresse aux campagnes car 80% des enfants concernés sont nés de parents vivant d’agriculture, de pêche et d’élevage. Une aide aux parents par la formation professionnelle dans l’agriculture, parfois même des dons de matériels, d’engrais et de graines de semences sont autant de moyens pour lutter contre le travail des enfants.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8058 du 09-02-2010