Dorénavant, le mot d’ordre en Afrique est l’intégration des langues et cultures africaines, dans le domaine de l’éducation.
La conférence qui se tient depuis, hier, à Ouagadougou, Burkina Faso essaie d’éliminer les obstacles.
« L’Afrique est le seul continent où les enfants vont à l’école pour apprendre une langue étrangère ».La déclaration émane d’Adama Ouane, directeur de l’institut de l’Unesco pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) à la veille de la conférence sur l’intégration des langues et des cultures africaines dans l’éducation ouverte hier à Ouagadougou, Burkina Faso.
Une problématique qui ne date pas d’hier, car beaucoup d’élites africaines ont tous appris soit la langue de Molière soit celle de Shakespeare. « Nous devons changer cette situation, car nous avons la capacité de le faire à travers des recherches menées depuis des années », laisse entendre Adama Ouane optimiste, quand à la relance des débats pour l’adoption de guides politiques pour les pays, sur l’intégration des langues maternelles dans l’éducation.
Beaucoup de solutions ont été avancées par les experts africains, sur l’usage des langues maternelles à travers d’innombrables débats lancés, depuis la conférence de Windhoek en Namibie en 2005 « Des études ont montré les limites de l’usage d’une langue étrangère. Dans la plupart des cas, les langues étrangères sont considérées comme langues d’opportunité », explique pour sa part Odile Bonkoungou, ministre burkinabé de l’Enseignement de base et de l’alphabétisation.
Le Burkina Faso est parmi les pays africains ayant déjà expérimenté l’introduction des langues nationales dans l’éducation. « Nous avons pu codifier huit langues pour l’enseignement et 25 autres pour l’éducation non formelle », s’estime-t-elle heureuse.
Beaucoup de défis restent à relever pour les pays africains, dont Madagascar, avant que l’intégration des langues maternelles dans l’éducation soit généralisée.
Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4519 du 21-01-2010