Vololona a récemment perdu son travail. Et pour subvenir aux besoins de sa famille, elle a décidé de continuer à travailler malgré tout. Avec sa machine à coudre, elle a ouvert ses portes pour des coutures sur mesure. Habitant dans la capitale mais loin du centre ville, elle n’a pas beaucoup de choix. Mère de deux enfants, dont un en bas âge, elle ne peut pas accepter toutes les offres qui lui sont proposées. « Travailler comme femme de ménage ne me convient pas. Mon bébé est encore trop petit pour que je puisse le laisser tout seul » raconte-t-elle. Ainsi, Vololona a choisi de faire de la couture. « C’est la solution à laquelle j’ai pensé. Mais, je n’ai pas encore eu de vraies commandes de costumes ou de robes. La plupart de celles qui viennent ici font des retouches de vêtements qu’elles ont achetés dans les marchés de friperie ». Comme Vololona, d’autres personnes ayant perdu leur emploi se sont reconvertis. Des petits métiers, les Malgaches connaissent bien ça. C’est la débrouillardise ! A part la restauration ou du moins les gargotes, les taxiphones sont les plus prisés. Avec un coût d’investissement moindre, un téléphone et du crédit, et grâce aux offres illimitées proposées par les opérateurs en téléphonie mobile, l’affaire est juteuse, du moins, intéressante. « C’est plus intéressant que de devenir vendeuse pour les boutiques chinoises qui paient très mal alors que les heures de travail sont énormes ! » explique une tenante de taxiphone. Son chiffre d’affaire quotidien n’est certes pas mirobolant, mais habitant dans les périphéries de la ville, elle trouve que la concurrence ne fait pas encore rage, et de la place, il y en a encore. Les conséquences de la crise confirment l’adage qui dit : « Rien ne se perd, tout se récupère » et avec l’ingéniosité des petites gens, tout se transforme. Mais à quel prix !

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8040 du 20-01-2010