Le président du Comité des travailleurs pour la défense du maintien de l’AGOA parle de la situation actuelle dans les entreprises franches.

• Suite à la suspension de l’Africa Growth Opportunity Act (AGOA) par les États-Unis, quelle est la réalité dans les entreprises franches exportant vers ce pays ?
– Les activités dans ces entreprises franches tournent au ralenti. La majorité d’entre elles sont en train de liquider les commandes, déjà en baisse. Contrairement à ce que l’on laisse croire, cette situation ne pourra pas à mon avis perdurer jusqu’en juin. Les entreprises franches sont asphyxiées et les chômages techniques pleuvent. Dans le courant de cette semaine, un groupe basé à Ivato projette de fermer une unité de production. Près de 800 personnes vont en conséquence grossir le rang des chômeurs. Selon les informations que j’ai reçues, plus de 5 000 personnes sont susceptibles d’être licenciées.

• Les commandes ont été déjà réduites bien avant la suspension de l’AGOA…
– Sans aucun doute, les commandes ont connu une baisse depuis le début de la crise financière internationale qui s’est enclenchée en 2008. Cependant, grâce à la compétence des entreprises locales et surtout leur compétitivité, les impacts n’ont pas été très importants. Les unités de production ont continué à tourner. Avec la crise nationale, la situation s’est détériorée. La grève des agents douaniers s’est par exemple répercutée sur le délai de livraison. Or, il est important de respecter ce délai, en plus de la qualité. La suspension de l’AGOA se traduit, en tout cas, comme de l’incompétence.

• Que pensez-vous des mesures alternatives à l’AGOA ?
– L’AGOA n’a pas d’alternatives. Si le backbone a réussi en Inde c’est qu’une grande partie des chômeurs dans ce pays sont des informaticiens. Quel est le pourcentage d’employés des entreprises franches à Madagascar compétents dans l’informatique ? Pour ce qui est du développement agricole, à Antsirabe, les employés du textile y ont déjà contribué en donnant une partie de leur gain à leurs familles qui pratiquent l’agriculture. Le réintégration de Madagascar dans l’AGOA demeure la solution.

• La réintégration de Madagascar dans l’AGOA dans un bref délai est-elle encore possible ?
– La suspension de Madagascar était sous réserve. La décision des États-Unis mentionne le rétablissement de la démocratie, condition qui pourra permettre le retour de Madagascar dans la liste des bénéficiaires de l’AGOA. Et ce avant décembre lorsque les éligibilités des pays seront passées en revue. Nous croyons en la réintégration de Madagascar, c’est pourquoi nous allons organiser incessamment une manifestation visant à interpeller toutes les entités politiques.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4517 du 19-01-2010