Les perspectives pour 2010 n’augurent rien de bon pour la relance économique.

Au-delà des déclarations politiques sur les possibilités de trouver des alternatives à l’AGOA, techniquement, le gouvernement de fait actuel est conscient du danger que représente la suspension de cette facilité américaine pour les exportations des entreprises franches. Les perspectives de la loi de finances 2010 le prouvent.
Décroissance.  Néanmoins, la Zone Franche Industrielle (ZFI) I et les industries textiles enregistreront des croissances négatives, respectivement de -15,0% et de -30,0% » indique notamment l’exposé des motifs de la loi de finances 2010. Une décroissance qui trouve, en grande partie son origine dans le ralentissement des activités des entreprises franches, consécutivement à la suspension de l’AGOA. D’ailleurs, cette prévision sur une chute des activités du secteur de la zone franche se confirme déjà sur le terrain puisque de nombreuses entreprises franches ont déjà considérablement baissé le volume de travail de leurs employés qui n’ont plus droit, actuellement aux heures supplémentaires. Certaines entreprises prévoient, par ailleurs de fermer carrément leur porte, ou de se délocaliser dans d’autres pays où l’environnement politique et économique est plus favorable.
Projets miniers. Mais ce problème des entreprises franches n’affectera pas pour autant le secteur secondaire dans son ensemble. La loi de finances table, en effet, sur une croissance de 8,5% du secteur secondaire en 2010. Mais cette croissance du secteur secondaire ne sera pas le fait des efforts supplémentaires engagés par les autorités de fait. Elle sera tout simplement le résultat de projets déjà existants dans le domaine de l’industrie extractive notamment. Selon toujours l’exposé des motifs de la loi de finances,, « L’industrie sera la principale actrice de cette croissance. En particulier, l’industrie extractive devrait enregistrer un taux de croissance de 411,3% en raison de la poursuite de la production d’ilménite de QMM et de la mise en œuvre d’autres projets miniers ». Par ailleurs, histoire sans doute de justifier les élections unilatérales qu’elles prévoient d’organiser sans la caution de la communauté internationale, les autorités de fait de la transition d’indiquer que « les élections de 2010 permettront à l’industrie du papier d’enregistrer une expansion de 1,5%. »
Aucune trace.Bref, le secteur secondaire sera en partie sauvé. Mais ni la croissance de l’industrie extractive, ni le petit développement attendu de l’industrie du papier ne permettront de sauver les dizaines de milliers d’emplois qui seront perdus avec la suspension de l’AGOA. Autrement dit, les employés des entreprises franches n’ont plus qu’à espérer l’efficacité des soi-disant, alternatives à l’AGOA. Mais comme ce sont des mesures, dont on ne trouve aucune trace dans la loi de finances, l’on se pose la question de savoir comment l’Etat va financer leur mise en œuvre.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8038 du 18-01-2010