Sa plantation constitue un investissement rentable au bout de 5 années. C’est un arbre à croissance rapide, pouvant remplacer les bois d’oeuvre ordinaires comme le pin ou l’eucalyptus.
Personne, à part les scientifiques, ne connaît le paulownia à Madagascar. Actuellement, il n’existe encore que quelques essais de plantation, effectués un peu partout dans l’Île. Et pourtant, il suffit d’une séance d’explications pour comprendre la grande valeur de cet arbre originaire de la Chine.
Le paulownia est un arbre à croissance rapide. Il pousse quatre fois plus vite que les autres arbres. En cinq ans, sa taille peut atteindre 12 m avec un diamètre du tronc de 30 à 50 cm. C’est un palliatif efficace pour remplacer les bois d’œuvre utilisés couramment à Madagascar, dont le pin et l’eucalytus. Il peut même suppléer aux bois semi-précieux.
«Le paulownia peut être utilisé pour la charpenterie et tous les travaux de menuiserie. C’est un bois d’oeuvre facile à travailler, aussi résistant que le pin et l’eucalyptus», explique Landi Rakotondramanana, consultant technique de l’établissement Robens, producteur de jeunes plants de paulownia.
Sa qualité est perceptible à vue d’œil, par sa taille à partir des essais de plantation effectués dans la cour de l’etablissement Robens.
Tout est bon
Un arbre, âgé de deux ans, est déjà haut de 6 m avec un diamètre de près de 20 cm. Son écorce verte témoigne de son jeune âge malgré sa taille imposante. Ses grandes feuilles et bien touffues sont regroupées à la cime. D’après les explications d’un technicien de l’établissement Robens, elles se transforment en engrais lorsqu’elles tombent par terre, et elles peuvent également servir de nourriture aux animaux domestiques.
«Tous les élements du paulownia peuvent servir à quelque chose : son bois, ses feuilles, mais également ses fleurs très abondantes intéressent les apiculteurs», souligne Zaka Rakotonirainy, gérant de l’etablissement.
Il faut souligner que planter du paulownia signifie faire des affaires, efeectuer des investissements. Selon les estimations, il faut près de 5 millions d’ariary pour planter un hectare de paulownia. D’abord, il faut acheter 500 jeunes plants à 6 000 ariary l’unité. Ensuite, les conditions exigées par la culture nécessitent également quelques dépenses.
Mais le techniciens sont formels : la rentabilité du paulownia est dix fois plus du côut de revient. Après la première coupe (récolte) au bout de cinq ans, il donne des rejets comme l’eucalyptus, avec exactement les même qualités que l’arbre initial, c’est-à-dire solide et bien droit.

– Les conditions de culture
Pour que le paulownia obtienne sa qualité de croissance rapide, la technique de culture doit respecter des conditions très rigoureuses.
Les jeunes plants doivent être produits suivant les normes. A cause de la croissance très rapide de l’arbre, ses racines ont besoin de se développer très vite. Il faut donc un sol qui n’est pas compact, avec de l’engrais. D’où la nécessité de faire de trous de 1m3 pour planter le paulownia.
Il faut également un système de drainage bien efficace, car cet arbre n’aime pas trop l’eau. Comme toute culture, le suivi de la plantation est ensuite très important, notamment pour enlever les mauvaises herbes qui peuvent gêner la croissance de l’arbre.
La plantation de paulauwnia est surtout favorable dans les régions humides ou semi-humides à une altitudes située entre 100 et 2 000 m. Les zones Est et Moyen-est sont donc très propices pour cet arbre, ainsi que l’Ouest et le Nord. Par contre, il n’est pas très recommandé dans la zone aride du grand Sud.

– Source de revenu pérenne
On peut très bien s’enrichir grâce au paulownia. Car il donne des rejets qui permettent « plusieurs récoltes ». Son prix est assez élevé, donnant un retour sur investissement dès la première «récolte». Un mètre cube de bois de paulownia coûte près de 200 dollars (400 000 ariary) sur le marché, et 800 dollars (1 600 000 ariary) à l’exportation. Un hectare de plantation produit 125 m3 de bois en moyenne, sans parler de l’engrais obtenue par les feuilles et le bois de chauffe avec les branches.
La production d’un hectare, qui a coûté 5 millions d’ariary, se vend donc à 50 millions d’ariary sur le marché local, c’est-à-dire 10 plus que l’investisement initial, et jusqu’à 200 000 d’ariary à l’exportation.

Extrait l’Express de Madagascar –  Edition n° 4512 du 13-01-2010