L’industrie du tourisme figure parmi les trois secteurs d’activités pourvoyeurs de devises à Madagascar. Cependant, elle se trouve au dernier rang lorsqu’il s’agit de moyens financiers.

Bien que conscient de l’importance de sa place dans l’économie nationale, l’État malgache a toujours réservé un budget minimal pour le tourisme. Chaque année, seulement 10 % du budget national est affecté aux actions de promotion du secteur. Cela s’avère insuffisant par rapport aux actions qui devraient être réalisées.
Par exemple, l’Office national du tourisme (ONTM) ne peut mener à bien son programme que grâce notamment aux aides de ses partenaires financiers, tandis que les offices régionaux se contentent des maigres revenus des vignettes touristiques, souvent très dérisoires dans beaucoup de régions.
«La ressource due aux vignettes touristiques est très aléatoire, et ne couvre même pas notre budget de fonctionnement», déclare un technicien du secteur.
Par ailleurs, le secteur du tourisme reste victime d’une fiscalité très lourde, pénalisant les nouveaux investissements. Les impôts appliqués freinent par exemple la construction de nouveaux hôtels, limitant ainsi l’évolution de la capacité d’accueil du pays. Le tourisme doit chercher en lui-même ce dont il a besoin pour s’épanouir. Conséquence : la destination Madagascar devient l’une des plus chères au monde, même par rapport à d’autres pays de l’océan Indien comme Maurice, laquelle offre des avantages comparatifs plus intéressants pour les touristes.
Uniformisation des formations
La qualité de service constitue également un problème à Madagascar, car trouver du personnel compétent s’avère un des plus grands problèmes du tourisme. C’est le cas notamment des grands complexes hôteliers du pays qui doivent respecter des standards de service très élevés.
Malgré l’existence de différents centres de formation, les besoins demeurent insatisfaits. «Pour pallier le manque, nous recrutons des personnes non qualifiées, des novices même, en particulier pour les gens de maison», avance un responsable auprès d’un grand hôtel de la capitale.
«Le secteur hôtelier possède de nombreux potentiels quand il s’agit de l’administration hôtelière, mais pas dans ce département» poursuit-il.
Dans le cadre d’un partenariat avec le projet Pôle intégré de croissance (PIC), l’Office national du tourisme malgache et le ministère du Tourisme et de l’artisanat ont mis sur pied un projet d’uniformisation des formations pour les filières hôtellerie et restauration. Ainsi un référentiel a été élaboré. Des mesures d’accompagnement sont prévues dans ce sens.
Pour le moment, tous les instituts possèdent leurs programmes de formation propres.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4490 du 16-12-2009