Un « Café littéraire » à la gare de Soarano a permis de discuter en profondeur tout l’environnement du livre pour enfant à Madagascar. Des efforts restent à faire.

Par définition, le café littéraire est un lieu où les amateurs peuvent parler et échanger les vues sur la littérature, autour d’un café ou de toute autre boisson. Si dans des pays dits « de culture », ce genre de rencontre axé sur tout l’environnement de la culture littéraire se trouve courant depuis des siècles, l’initiative prend à peine du germe dans la Grande île, grâce à une étroite collaboration entre l’opération Bokiko et l’Express de Madagascar.
Une bonne première ambiance « Café littéraire » a eu lieu jeudi 10 décembre soir au Café de la Gare à Soarano. Et réellement, tout a commencé par le commencement.
Profitant de la parution récente de cinq livres pour enfant, le premier thème proposé a interpellé : « Quel livre pour enfant? », avec l’animation d’Isabelle Motchane-Brun, directrice déléguée de l’Express de Madagascar.
La question a permis aux différents intervenants – écrivains, poètes, éducateurs ou simples amateurs présents – de soulever différents aspects de l’environnement éducatif et du livre pour enfant à Madagascar.
Imagination
« Les enfants sont très intéressés par les livres qui leur sont dédiés. Malheureusement, beaucoup n’y ont même pas accès chez eux, mais leur engouement se manifeste d’une manière très explicite dès qu’on leur en offre », témoigne une éducatrice au sein du Centre Inter-Aid.
Mais à quoi peut-il ressembler un livre idéal pour un enfant de Madagascar ? « Il devrait contenir de beaux textes, de beaux mots, de belles images et de belles idées », soutient Cyprienne Toazara, auteure de « La lettre de Tany », ou « Ny antson’i Tany », l’un des cinq livres à l’honneur.
De son côté, Lalao-Elina Razanadriaka, auteure de « Itita sy ny boky », insiste sur un aspect technique important : « Pour qu’un livre intéresse les enfants, il faut une étroite collaboration entre l’auteur et l’illustrateur, car les dessins aident les enfants à s’initier à la lecture ».
Le général Désiré Philippe Ramakavelo, enseignant universitaire se montre plus sensible par rapport à une identité : « Il faut raviver nos contes et légendes, car ils transmettent la notion des valeurs fondamentales de nos ancêtres. Ils éveillent aussi l’imagination et l’esprit créatif chez les enfants ».
En tout cas, l’initiative du Café littéraire a été saluée. « Elle a permis de porter à nouveau une réflexion sur l’environnement littéraire à Madagascar », fait remarquer Cyprienne Toazara.
« Dans ce pays, il existe réellement des talentueux écrivains, mais par manque de promotion, on se contente toujours de se référer aux noms déjà connus », soulève-t-elle.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4489 du 15-12-2009