Alors que les politiciens s’entredéchirent au point de mettre le pays dans une situation extrêmement dangereuse, les débats se poursuivent sur les questions relatives au développement.

Hier, dans le cadre de ses activités régulières, la représentation résidente de la Banque Mondiale a organisé une séance sur la politique sectorielle des transports à Madagascar. Ayant vu la présence des partenaires du développement comme la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, l’Union Européenne, l’Agence Française de Développement et la JICA (organisme de la coopération japonaise), la séance a permis, entre autres, de dégager l’importance  de l’aide extérieure en matière de développement des infrastructures de transports.

Frein au développement

Récemment, la Banque Mondiale a sorti un rapport sur l’état des infrastructures en Afrique. Rapport dont le diagnostic fait transparaître qu’il est plus que jamais temps en Afrique de développer les infrastructures si le continent veut réussir son développement.  Et pour ne citer que le cas de Madagascar, l’insuffisance des infrastructures freine le développement car elle entraîne un certain nombre de difficultés. Pour ne citer entre autres que l’enclavement de certaines régions, l’accès difficile aux écoles et aux centres de santé de base, la pénalisation du secteur agricole en raison des problèmes d’acheminement des intrants et de sortie des productions. Par ailleurs, l’insuffisance des infrastructures de transports freine le développement du tourisme et provoquent la hausse des prix des biens de consommation. Ce qui évidemment, érode le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des produits malgaches sur les marchés internationaux.

MAP

Raison pour laquelle d’ailleurs, le MAP dans son engagement 2, intitulé « infrastructures reliées » a prévu un certain nombre de réformes sur lesquelles les conférenciers d’hier sont revenus. Il s’agit, entre autres, de la participation du secteur privé comme Madarail, le Terminal à conteneurs à Tamatave ou encore du port d’Ehoala réalisé avec QMM. On a également parlé, au cours de ce débat du recentrage des ministères sur leurs fonctions régaliennes et la création d’agences opérationnelles telles l’ARM, l’APMF. En tout cas, comme partout en Afrique, des efforts avaient été engagés ces derniers temps à Madagascar, avec l’aide des bailleurs de fonds comme la Banque Mondiale pour renverser la tendance et doter le pays d’infrastructures de transports suffisantes pour son développement.

Crise politique

Sur le plan des finances publiques par exemple, l’on a assisté depuis 2002, à une montée en flèche des dépenses publiques dédiées aux infrastructures. En effet, les dépenses d’infrastructures sont passées de 100 milliards Ar en 2003, pour atteindre un chiffre record de 450 milliards Ar en 2006 avant de retomber à 375 milliards Ar en 2008. En 2009, ce chiffre sera évidemment encore revu à la baisse puisque la crise politique a bloqué tous les projets en cours et les financements à venir. Car, tel qu’il en a été question hier lors de ce débat, l’on assiste encore, dans le domaine des infrastructures, à une forte dépendance vis-à-vis des ressources externes. En effet, 80% des dépenses d’investissements pour les infrastructures routières viennent des ressources externes. En somme, contrairement à ce que soutiennent certains politiciens, Madagascar ne peut vraiment pas s’en sortir sans les bailleurs de fonds dont les actions dépendent de la décision de la communauté internationale.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°8009 du 11-12-2009