MAROANTSETRA. Avec la complicité des autorités locales, ce district devient une vache à lait pour le régime de la transition, dénonce la population locale.

Des mesures sont prises mais cela n’en finit pas ! Les trafics de bois de rose continuent toujours surtout à Maroantsetra qui sert de vache à lait pour les intérêts des hauts responsables de la HAT, dénonce la population locale. A titre d’illustration, l’ancien ministre de l’Environnement de la Transition a donné une autorisation de transfert de stock de 5 750 rondins de bois de rose de Maroantsetra Nord vers Toamasina du 31 Août au 30 novembre 2009 pour un établissement sur place. Pourtant, l’origine du stock est inconnue car même les responsables de l’Environnement et Forêt sur place se chargeant de toute opération d’inventaire n’ont été avisés que via cette lettre signée par le ministre, a dénoncé Razafimalala dit Clovis, président de l’ONG Taratra à Maroantsetra.

Une pétition contre les pillages

Et encore, le chef de région d’Analanjirofo actuel a donné une autorisation d’extension du permis d’exploiter à un opérateur local, à titre exceptionnel le 1er septembre dernier et qui a été par la suite avisé par le même ministre, a-t-il rajouté avec un document à l’appui. Pourtant, une telle action relève uniquement de la compétence du ministre de tutelle, d’autant plus que la délivrance de permis d’exploiter a été déjà suspendue depuis 2000. Compte tenu de cet état de fait à Maroantsetra, douze associations dont des ONG, des paysans, des artistes écologiques, des guides touristiques, des conseillers régionaux ainsi que le COSAP, le PCDDBA et le groupement des opérateurs touristiques locaux ont fait une pétition. Celles-ci revendiquent la prise des mesures pour mettre fin aux actes de pillage tout en arrêtant et sanctionnant les personnes impliquées. « L’action du Task Force n’est pas une solution même si des bois de rose ont été saisis car cela légalise au contraire le trafic avec la complicité des autorités locales », a témoigné le Président de l’ONG Taratra, qui plus est un animateur dans une station radio locale. L’évacuation de nouvelles coupes de bois de rose se poursuit via des boutres pouvant charger à plus de 50 tonnes par semaine, a-t-il rajouté mais personne n’a été arrêté.

Aucune ristourne payée

Celui-ci raconte même qu’il a été victime quand il a dénoncé à l’antenne tous ces actes de pillage car sa maison et même sa station ont été incendiées en juin dernier. L’affaire bois de rose a été censurée à la radio 4 mois plus tard alors qu’un nouvel émetteur plus performant a été installé, mais tout cela ne l’a pas empêché de poursuivre sa lutte contre ce trafic qui ne profite en rien à son district. Aucune ristourne n’a pas été payée et même les chefs de fonkontany n’ont pas le droit de demander à qui appartient ces bois de rose évacués. En outre, les gens payés par les trafiquants pour couper les bois de rose chassent les lémuriens et les oiseaux qui sont destinés à attirer les touristes à Maroantsetra. Ces associations réclament ainsi l’arrêt immédiat de toute évacuation et transport de bois de rose et l’annulation de toute autorisation d’exploitation via cette pétition. Reste à savoir si elles seront entendues !

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7997 du 27-11-2009