Madagascar en subit déjà les conséquences dans tous les secteurs tels la santé, l’agriculture et la biodiversité.

Les besoins en énergie et en matières premières issues de l’exploitation des ressources naturelles dans le monde augmentent considérablement pour assurer la croissance des pays industrialisés et émergents comme les Etats-Unis et le Canada ainsi que la Chine et l’Inde. Même à Madagascar, le problème d’approvisionnement en énergie fait toujours la grogne des opérateurs économiques, surtout avec l’arrivée des grandes compagnies minières qui ont besoin d’une grande quantité d’énergie pour leur exploitation. Pourtant, l’utilisation de ces ressources contribue d’une manière importante à l’émission du gaz à effet de serre entraînant le réchauffement de la planète, et par la suite,  le changement climatique.

Substitution au pétrole

Les impacts de ce changement climatique se font déjà sentir, comme la perturbation du calendrier cultural, la propagation des maladies, la baisse des rendements agricoles et de la pêche alors qu’une hausse de 100% de la production alimentaire s’impose pour nourrir 3 milliards d’habitants supplémentaires d’ici 2050. Les enjeux économiques sont également énormes. C’est ce qu’on a appris lors d’un atelier de formation et d’information sur le changement climatique organisé deux jours durant, par le PNUD à l’intention des journalistes et des membres de la société civile issue de l’Alliance Voahary Gasy à l’hôtel Panorama. En fait, la production de pétrole sera limitée d’ici 2025 car elle ne peut plus satisfaire la demande mondiale, a exposé Rakotoary Jean Chrysostome, le DG de l’Office National pour l’Environnement. Elle atteindra son pic en 2040 et les gros consommateurs se penchent déjà sur sa substitution comme le charbon de terre et les énergies propres dont la géothermie, la biomasse et les énergies éolienne et solaire. 

Développement durable

A Madagascar, des investisseurs internationaux notamment français veulent exploiter nos ressources pétrolières compte tenu de ce contexte mondial. Deux grandes compagnies étrangères se lancent également dans l’exploration de charbon de terre avec un gisement estimé sur 30 ans dans la partie sud de l’île. Mais une telle exploitation doit contribuer à un développement durable du pays tout en tenant compte des impacts socio-économiques et environnementaux, selon le DG de l’ONE. Ce qui permettra au moins de faire face et d’atténuer les impacts sur le changement climatique causé par les pays industrialisés et que Madagascar commence déjà à subir.

Extrait Midi MAdagasikara – Parution N°7996 du 26-11-2009