Bailleurs de fonds. Le temps passe. Sans financement, le pays s’enfonce de plus en plus dans la crise. Malheureusement les politiciens perdent leur temps dans un stérile « ady seza ».

Lors de sa visite au premier ministre de consensus Eugène Mangalaza, l’Ambassadeur d’Allemagne Wolfgang Moser, qui représente l’Union Européenne a parlé de la nécessité d’un autre dialogue politique avec Madagascar, avant la reprise des financements pour le développement. Une demande qui signifie que ce grand bailleur de fonds fait encore preuve de prudence avant de s’engager pour un appui au régime transitoire.
Urgences. Malheureusement, en raison de l’orgueil des mouvances politiques qui perdent leur temps à s’entredéchirer pour avoir les meilleures parts du gâteau dans la bataille ministérielle, la mise en place du gouvernement de consensus – une des conditions qui aurait permis le retour vers un déblocage rapide des fonds – tarde à venir. Ce qui fait que le futur gouvernement ne pourra pas encore espérer décrocher dans les meilleurs délais les aides qui lui permettront de mieux faire face aux urgences de la transition.
Ordre constitutionnel. Seulement aux urgences car apparemment, l’on s’achemine vers des financements limités que les bailleurs de fonds octroieront durant la vraie transition dite consensuelle et exclusive. Pour le cas de l’Union Européenne, par exemple, cette dernière n’accordera pas à Madagascar son aide budgétaire. «Une situation politique transitoire ne s’adapte pas aux conditions et procédures  d’une aide budgétaire » indique-t-on de source auprès de la Délégation de la Commission Européenne. Une manière de dire que ce genre de financement qui permet à l’Etat de mieux gérer et équilibrer les finances publiques ne se négocient et s’acquièrent qu’avec le retour définitif à l’ordre constitutionnel, à savoir un pays dirigé par un Président démocratiquement élu et des institutions composées d’élus. Le régime de l’après élection présidentielle en somme.
Priorités. Mais cela ne veut pour autant pas dire que l’Union Européenne n’appuiera pas la transition. Il y aura des priorités, nous a –t-on indiqué. Et la priorité des priorités sera évidemment l’appui aux élections présidentielles. « L’Union Européenne prendra une grande part au processus électoral » selon toujours notre source qui ajoute qu’une partie des financements pour le développement, c’est-à-dire certains projets, sera reprise. Bref, durant la période transitoire, le financement ne sera que partiel et Madagascar n’aura pas droit en totalité, aux 630 millions d’euros du 10e FED (Fonds Européen de Développement. La situation sera évidemment la même pour les autres bailleurs de fonds, comme la Banque Mondiale qui applique, elle aussi, des règles prudentielles dans ses relations avec un régime de transition.
Elections libres. Une manière en somme pour ces bailleurs de fonds d’inciter les protagonistes politiques à réaliser le plus rapidement possible le retour au véritable ordre constitutionnel, par le biais d’une transition exclusive et consensuelle qui permettra d’organiser des élections libres et démocratiques pour une quatrième République où les contestations de rue ne seraient plus de mise. Mais avant d’y parvenir, il faudrait tout d’abord que les mouvances politiques s’entendent pour la mise en place du gouvernement de consensus, que le peuple malgache, plus que jamais pris en otage par des politiciens en mal de sièges, attend d’ailleurs impatiemment.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7993 du 23-11-2009