Les régions Sud et Sud-Est sont les plus régulièrement confrontées au problème de malnutrition à Madagascar. Notamment à cause des aléas climatiques, essentiellement la sécheresse quasi-permanente, les inondations et les cyclones à répétition. Ce qui compromet à chaque fois l’issue des saisons agricoles. Ces derniers mois encore, 400.000 personnes dont une proportion non négligeable d’enfants en bas-âge, vivant dans l’insécurité alimentaire dans le sud, ont fait l’objet d’un appel à mobilisation de fonds auquel plusieurs pays, dont notamment les Etats-Unis ont répondu, permettant de mettre en œuvre des actions d’assistance auprès des populations les plus touchées.

La malnutrition est donc bel et bien une réalité à Madagascar, mais sa forme sévère ne touche pas la grande majorité des 20 millions de Malgaches. En revanche, cette majorité ne mange pas forcément à sa faim. En effet, dans les grandes agglomérations urbaines et notamment dans la capitale, la nourriture fait souvent défaut chez un grand nombre de ménages et les trois repas par jour ne sont pas toujours une réalité. Pour cause de pauvreté, les familles à faibles revenus sont régulièrement confrontées à ce problème de manque de nourriture. Ces cas se vérifient dans certaines écoles primaires publiques où les enseignants sont plus d’une fois en présence de cas de somnolence des enfants, des manques de concentration et parfois des évanouissements d’enfants à l’école, parce qu’ils « n’ont rien mangé le matin ». Amélie, institutrice dans une EPP de la périphérie en fait régulièrement l’expérience : « certains élèves sont fatigués et n’arrivent pas à suivre les cours. Ils disent qu’ils n’ont pas mangé avant d’aller à l’école. De tels cas qui tendent à se multiplier ces derniers mois contraignent les enseignantes à devenir des assistantes sociales malgré elles », raconte-t-elle.

Cette réalité ne se traduit pas toujours par des dommages physiques dus à une insuffisance alimentaire chronique. En revanche, les problèmes de retard de croissance, de faible poids à la naissance des enfants et parfois de malnutrition, sont des indices régulièrement observés auprès des personnels de santé dans les quartiers les plus défavorisés.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7989  du 18-11-2009