La saison culturale, notamment, la production rizicole dans la capitale et sa périphérie risque d’être compromise. Les paysans sont désemparés.
La terre gémit. Des craquelures et gerçures font actuellement place à une terre bien grasse dans les rizières d’Ankadievo-Antanambo, près du By-pass. Aucune goutte d’eau ne parvient dans cette rizière, depuis le mois d’octobre, de sorte que les jeunes plants et ceux repiqués commencent à perdre du tonus.
Une partie des jeunes pousses se dessèchent même jusqu’à la racine à cause des insectes typiques de la sécheresse, le « borer de tige ». À l’origine de cette catastrophe, dame pluie accuse du retard. « Dans le cas où la pluie s’abstient de tomber, encore pour quelques jours, nous risquons de perdre la totalité de la production de cette année. À la même période, l’étendue de la riziculture se baigne déjà dans l’eau et devient verdoyant », se plaint Georgette Razafimiandrisoa, une propriétaire de parcelles de rizière dans cette localité.
Les mêmes plaintes se font entendre de partout en ce moment. C’est le cas à Laniera, Sabotsy Namehana et ailleurs.
Et le problème s’avère généralisé dans la mesure où à Alaotra, le grenier à riz du pays, la situation est critique. « C’est tout le calendrier cultural qui commence à être perturbé en ce moment. L’insuffisance de l’eau nous contraint à reporter une à une les étapes, comme la plantation des jeunes pousses, le repiquage et ainsi de suite. Ce qui va engendrer de gros impacts sur la production de cette année », craint fort Germain Lesabotsy, un producteur contacté par téléphone, hier. Selon lui, la quantité d’eau existante fait actuellement l’objet d’un litige entre les membre de la fédération regroupant les utilisateurs d’eau.
À l’horizon, les précipitations attendues depuis les premières, ayant survenu au mois d’octobre, se font prier. Selon les prévisions de la météo d’Ampandrianomby, au mois de novembre et décembre, les précipitations seront insuffisantes dans plusieurs régions.
Situation inquiétante
De leur côté, les responsables de l’Autorité pour la protection de la plaine d’Antananarivo contre les inondations ne cache pas non plus leur inquiétude. « A ce rythme, je crains que l’irrigation risque d’être difficile au cas où la pluie ne tombe pas d’ici quelques jours », indique Phillipe Rateloson, directeur général de cette entité, en essayant d’arranger la situation depuis le réseau central. À l’heure actuelle, la rivière Sisaony se trouve à un niveau très bas, causant de la peine aux paysans riverains, comme à Ampitatafika et Fenoarivo.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4466 du 18-11-2009