Les effets de la crise sont encore loin d’être terminés. Plus de 500 entreprises ont été déjà touchées en réduisant l’effectif de leur personnel, voire même en fermant leurs portes. Et voilà maintenant que le fleuron de l’hôtellerie de la région du Vakinankaratra, l’hôtel des Thermes, se voit contraint de mettre au chômage technique l’ensemble de son personnel comptant au nombre d’une soixantaine d’employés. Le directeur général du groupe Sofitrans S.A, Rabariharivelo Josette, qui est le gérant statutaire de cette infrastructure d’Etat, l’a déclaré hier lors d’une conférence de presse. L’hôtel des Thermes sera ainsi fermé à compter du 8 décembre prochain et ce, jusqu’à ce que la situation se rétablisse. D’autant plus, les mois de décembre et janvier constituent toujours une saison morte pour le tourisme régional.

Obstacles à l’arrivée des touristes

En fait, cet opérateur touristique reste pessimiste car la saison du tourisme en 2010 est également aléatoire dans la mesure où Madagascar figure encore dans la liste rouge des pays à risque. A titre d’illustration, Quai d’Orsay n’a, pour l’heure, pas levé qu’il est déconseillé de venir à Madagascar car c’est une destination à risque, compte tenu des événements politiques sur place, a-t-on évoqué. Même si les tarifs ont été réduits jusqu’à 50% au début du second semestre 2009, l’hôtel des Thermes accueille de moins en moins de clients tandis que les réservations reçues sont annulées. A part la psychose sur la grippe A, la recrudescence de l’insécurité y compris les alertes à la bombe, sont, entre autres, des obstacles empêchant l’arrivée des touristes, sans compter les impacts de la crise financière. Néanmoins, le groupe Sofitrans ne ménage pas ses efforts pour promouvoir la destination Madagascar avec les autres opérateurs en participant aux différents salons internationaux et en contactant des partenaires dans d’autres pays tels en Espagne et à Londres. 

Charges fixes à payer

Notons que le groupe n’a pas cessé de soutenir financièrement l’hôtel des Thermes depuis ces dix mois d’incertitude si celui-ci avait une autonomie de gestion réalisant même un bénéfice de plus de Ar 100 millions en 2008. Ce profit a été alloué au paiement des charges fixes comme la facture de la Jirama s’élevant à 9 millions Ar/mois, le salaire des employés à 12 millions Ar/mois et le loyer à 1,2million Ar/mois, qui sont tous impératifs. « En effet, même si l’hôtel des Thermes est en situation de perte durant cette crise, le ministère de tutelle ne nous accorde aucun rééchelonnement de paiement du loyer mensuel », a évoqué Alain Raveloson, le directeur général. D’où la décision de fermer la société et de mettre au chômage technique les employés. Une mesure qui peut être renouvelée de 3 mois suivant la loi si le secteur du tourisme reste dans une grande impasse.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7985 du 13-11-2009