Le 4 novembre dernier la Chambre des Représentants des Etats-Unis a voté une résolution portant sur la situation environnementale à Madagascar. La Chambre des Représentants des Etats-Unis, est très affligée par le désastre subi par l’environnement malgache. Informée des abattages, des vols et des exportations illicites de bois précieux et d’animaux, voire de pierres précieuses alors que nombre de ces ressources sont protégées, en cette période de régime de fait, a décidé de prendre des mesures. Elle a adopté le 4 novembre 2009, une résolution condamnant fermement l’extraction illégale des ressources naturelles de Madagascar et ses impacts sur la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés rurales, y compris l’abattage illégal d’arbres, le trafic d’espèces animales rares, et l’extraction minière illégale.

Suit la teneur de la Résolution 839 :

Attendu que Madagascar est la quatrième île du monde par sa taille, et abrite jusqu’à 150.000 espèces de faune et flore unique ;

Attendu qu’au cours des 20 dernières années, avec le soutien du Gouvernement américain et d’autres bailleurs, Madagascar a fait des progrès considérables pour freiner la dégradation de l’environnement, gérant avec efficacité ses ressources naturelles et préservant sa biodiversité unique ;

Attendu que les trois-quarts de la population Malagasy vivent en milieu rural et que les deux-tiers subsistent avec moins de 2$ par jour, la protection de ces ressources naturelles est vitale pour maintenir la croissance économique et le développement de Madagascar ;

Attendu que ces ressources naturelles contribuent au développement économique à travers le secteur touristique, attirant environ 390.000.000$ par an ;

Attendu que le 17 mars 2009, Marc Ravalomanana a été forcé de démissionner en tant que Président démocratiquement élu de Madagascar et qu’Andry Rajoelina a été installé en tant que chef d’état de facto ;

Attendu que, le 20 mars 2009, les Etats-Unis ont condamné la destitution de Marc Ravalomanana et l’installation d’Andry Rajoelina comme s’apparentant à un coup d’état, non-démocratique et contraire au principe de l’état de droit ; ont annoncé la suspension de toute assistance non-humanitaire, et ont par la suite mis fin au contrat d’assistance à travers la Millenium Challenge Corporation au régime de facto de Rajoelina ;

Attendu que les deux-tiers de la population Malagasy dépendent des ressources naturelles pour subvenir à leurs besoins, et une réduction de l’assistance pour les efforts de conservation peut avoir des conséquences humanitaires ;

Attendu que l’Union Africaine et la Communauté de Développement de l’Afrique Astrale ont suspendu la participation de Madagascar jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit restauré ;

Attendu qu’au mois d’octobre 2009, la World Wildlife Fund (WWF), la Conservation International et la Wildlife Conservation Society ont condamné le décret interministériel émanant de l’administration de facto accordant une autorisation exceptionnelle pour l’exportation de bois de rose brut et semi-travaillé comme étant ‘une légalisation de la vente de bois coupés et collectés en toute illégalité sur le marché ; offrant une occasion de détourner des fonds au nom de la protection de l’environnement ; et constituant un échappatoire légal pour davantage de corruption dans la filière foresterie ;

Attendu que la dégradation des ressources naturelles survenant pendant le régime de facto comprend :
(1) le pillage délibéré et organisé de bois précieux dans les forêts naturelles, y compris des Sites de Patrimoine Mondial comme les Parcs Nationaux de Marojejy et de Masoala ;
(2) l’intimidation et la menace sur des structures de gestion communautaire légitime, et l’expropriation de revenu et profits que l’on en tire, causant souffrance et appauvrissement ;
(3) l’intensification du trafic d’espèces endémiques et protégées et de parts et/ou produits dérivés de telles espèces dans les marchés nationaux et internationaux ;
(4) la prolifération des pratiques destructrices telles que l’exploitation minière illégale et l’agriculture par brûlis dans les aires protégées et les zones environnementales sensibles ;
(5) la dégradation de forêts, amenant certaines espèces de bois de rose et d’ébène au bord de l’extinction ; et
(6) la dégradation des ressources de base dont dépendent les communautés rurales représente une menace immédiate et future pour la gouvernance locale, les revenus locaux et la sécurité alimentaire ; et

Attendu que la grande majorité de ces bois précieux sont destinés aux marchés mondiaux d’exportation : Résolution est désormais prise que la Chambre des Représentants :
(1) condamne fermement le coup d’état de mars 2009 à Madagascar et soutient le peuple Malagasy pour engager immédiatement un processus démocratique et consensuel visant à restaurer la gouvernance constitutionnelle, débouchant vers des élections libres, justes et pacifiques ;
(2) félicite l’Union Africaine et la Communauté de Développement de l’Afrique Astrale pour avoir pris des actions solides contre les forces anti-démocratiques à Madagascar et les encourage dans leur détermination inébranlable à ramener Madagascar vers l’état de droit ;
(3) condamne fermement l’extraction illégale des ressources naturelles de Madagascar et ses impacts sur la biodiversité et les moyens de subsistance des communautés rurales, y compris l’abattage illégal d’arbres, le trafic d’espèces animales rares, et l’extraction minière illégale ;
(4) soutient les actions des autorités compétentes et du peuple Malagasy pour mettre fin à cette dévastation illégale et amener les auteurs de ces crimes devant la justice ;
(5) encourage les pays importateurs à intensifier leurs processus d’inspection et de surveillance pour s’assurer qu’ils ne contribuent pas à la demande de bois précieux venant de sources illégales à Madagascar ; et
(6) exhorte les consommateurs de produits à base de bois de rose et d’ébène à vérifier leur origine et à boycotter ceux faits de bois Malagasy, jusqu’à ce que l’ordre constitutionnel soit restauré.

Extrait Madagascar Tribune – mardi 10 novembre 2009