Financements. Dieu merci, les mouvances ont finalement trouvé le consensus. Sur le plan économique la signature de l’accord politique d’Addis-Abeba signifie reprise des financements internationaux.

Les techniciens du ministère des Finances et du Budget ont eu raison d’avoir préparé une loi de finances avec reconnaissance. C’est-à-dire en tenant compte des financements des bailleurs de fonds qui, normalement reprennent avec le retour à la normale de la situation politique malgache en général et de la situation institutionnelle en particulier. Et en attendant l’élection présidentielle qui permettra le retour définitif à l’ordre constitutionnel, le pays fonctionnera avec les termes des accords politiques de Maputo et d’Addis-Abeba comme constitution.
630 millions d’euros. En tout cas, la situation actuelle permet à Madagascar d’éviter les sanctions déjà brandies par les bailleurs de fonds. D’ailleurs, il est significatif de constater que la signature de l’accord d’Addis-Abeba tombe exactement le 6 novembre, date butoir fixée par l’Union Européenne pour l’application de la sanction annoncée. Maintenant, il est sûr que Madagascar aura droit aux 630 millions d’euros promis par l’Union Européenne dans le cadre du 10e FED. D’après cependant les observateurs, la relance des financements n’aura pas lieu du jour au lendemain. « Les procédures peuvent commencer mais le déblocage des fonds sera assorti de conditions de prudence » annonce-t-on.
Rapidité. En somme, personne n’a intérêt à bloquer le processus de mise en place des institutions de transition  car la rapidité du déblocage des fonds dépendra de l’effectivité de ces institutions. Et ce qui rassure l’opinion, c’est que le Premier ministre de consensus Eugène Mangalaza a promis qu’il formera rapidement son gouvernement. Et si le Président de la Transition Andry Rajoelina et les deux co-présidents du conseil de la Présidence Emmanuel Rakotovahiny et Fetison Andrianirina ne tergiversent pas dans la nomination des personnes proposées par le PM de transition, ce gouvernement ne tardera pas à être mis en place. Du coup, ce gouvernement pourra travailler rapidement avec les bailleurs pour un déblocage rapide des fonds. Et permettre ainsi au pays de redémarrer la relance économique.
Hommes d’expérience. Avec des pluies de dollars et d’euros puisque, outre les 630 millions de dollars de l’Union Européenne, le FMI, la Banque Mondiale, la BAD, et les autres bailleurs de fonds bilatéraux apporteront également leur contribution. Pour le FMI, par exemple, dés que la vraie transition se met en place, ses pays membres ne poseront plus de problème au déblocage de la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), très utile au budget de l’Etat. Et comme le ministère des Finances et du Budget sera apparemment attribué à la mouvance Ratsiraka qui dispose d’hommes d’expérience en la matière, la gestion budgétaire de la transition devrait se faire dans les règles de l’art. En ce qui concerne la Banque Mondiale, comme le gouvernement de facto deviendra d’ici peu un gouvernement reconnu et crédible, la reprise des financements des projets pourrait se faire plus facilement. Sans compter évidemment les aides promises par différents organismes internationaux pour la tenue des élections libres et transparentes.
 Bref, l’on attend avec impatience l’effectivité de cette transition inclusive et consensuelle pour profiter pleinement des avantages des financements internationaux pour que le peuple malgache puisse espérer un retour à la croissance économique.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7981 du 09-11-2009