Une baisse d’inscription s’observe dans les écoles. Le PNUD parle de 17% de taux d’absentéisme dans les écoles publiques.
La situation est controversée dans les écoles publiques. Vu la surpopulation dans les salles de classe, on peut penser à une hausse du taux d’inscription. En fait, ce phénomène est dû au fait que des parents ont transféré leurs enfants dans les écoles publiques, faute de moyens pour payer les frais de scolarité dans les écoles privées.
Cette ruée dans les écoles publiques est un exemple concret de la difficulté financière des parents. Le rapport du PNUD, repris par le Club Développement Ethique (CDE) vendredi, au cours d’une conférence-débat sur l’impact socio-économique de la crise, a même avancé que le taux d’absentéisme a augmenté de 17 % dans les écoles contre un taux inférieur à 8 % auparavant.
Ce taux d’absentéisme élevé est aussi favorisé par les mauvaises conditions dans lesquelles se trouvent les établissements scolaires eux-mêmes. Pour ne citer que le manque d’enseignants et d’infrastructures.
Faute d’activités
« De plus en plus de ménages sont soumis à une difficulté financière grave. Ce qui les oblige à sacrifier la scolarisation de leurs enfants », souligne Bodo Andrianarisoa, du CDE. Comme détail, le rapport cite le manque de revenus journaliers ou mensuels, pénalisant des familles devenues de plus en plus vulnérables. Ainsi, ces dernières sont exposées à une difficulté alimentaire et un risque de mortalité infantile.
Aussi bien dans la capitale que dans les provinces, de plus en plus d’enfants en âge d’être scolarisés n’ont pas fait leur rentrée scolaire cette année. D’autres, plus âgés et qui ont déjà acquis quelques connaissances, ont dû abandonner l’école. « La crise socio-politique affecte nos familles. Nous sommes soumis à des difficultés que nous n’avons jamais connues auparavant : manque d’argent, manque de nourriture et autres », souligne Pauline Ratiarison, lavandière à Anatihazo Isotry.
Pluieurs ménages connaissent les mêmes difficultés, par manque d’activités génératrices de revenu. C’est la suite logique de la fermeture des entreprises qui ont déclaré le chômage technique.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4448 du 28-10-2009