Après les actions qui ont permis la saisie à Toamasina des 91 conteneurs de bois de rose ayant quitté en douce Vohémar début octobre, la task force regroupant agents du Ministère de l’Environnement et des Forêts, forces de l’ordre et douanier continue ses investigations.

L’on aura certainement bien du mal à réconcilier les conteneurs identifiés et les autorisations « exceptionnelles » d’exportation qui ont été délivrées ou annulées par les autorités successives : on connait au minimum l’autorisation délivrée en janvier par le gouvernement Ravalomanana pour l’exportation de 1500 tonnes de troncs qui auraient été « abattus par les cyclones », et celle donnée en septembre par le gouvernement de la HAT pour autoriser le départ de 325 conteneurs pour « apaiser la situation socio-éco-politique qui prévaut dans la région », tout en soumettant les opérateurs à une pénalité de 72 millions d’Ariary par container. Précisons qu’un container peut contenir de 20 à 30 tonnes de bois, et qu’un rondin peut peser jusqu’à 400 kg.

Au grand dam des défenseurs de l’environnement, les opérateurs ont jonglé à coups de pots de vin entre ces différentes autorisations, quand ils n’ont pas purement et simplement décidé de s’en passer. Iharana (Vohémar) a longtemps passé pour un port d’où l’on pouvait faire quitter en douce la marchandise, mais il est probable que des départs se font également directement à partir de plages facilitant l’accostage nocturne et à marée haute de bateaux. Le nom de la plage d’Ambatomitraka Manolotsoa dans la région d’Antalaha a ainsi été récemment évoqué.

Près de 600 rondins ont été saisis par la task force au cours des dernières semaines, dissimulés dans les rizières et les lacs ou enterrés dans le sable d’une plage du fokontany de Fotsimaro, près de Mananaro Nord.

Le ministère de l’environnement affirme que les opérations en cours ont pour but de liquider ou saisir tous les stocks dissimulés afin de pouvoir à l’avenir appliquer plus facilement les textes en vigueur. Les défenseurs de l’environnement plaident pour leur part depuis longtemps que la meilleure manière de faire face à ce problème de coupes et exportations illicites est d’interdire purement et simplement tout ramassage de bois précieux, y compris les arbres morts gisants. Étonnamment, dès qu’il y a un cyclone, les arbres déclarés touchés sont toujours les bois les plus durs, ceux qui devraient logiquement tomber en dernier.De « nouveaux riches » de la région de la Sava sont les symptômes les plus visibles de ces vieux trafics. Certaines sources laissent entendre que c’est près de 11.000 tonnes qui ont été exportées depuis le début de l’année, et que le prix final d’un conteneur à Hong Kong dépasse les 200 000 dollars.

Extrait Madagascar Tribune – lundi 19 octobre 2009