Ce soir, le bassiste partagera l’affiche avec la guitariste allemande Leni Stern. La redécouverte d’un pur produit du terroir.
Du grand calibre. La liste est trop longue si on devait citer tous les grands noms du showbiz international avec qui Sylvin Marc a travaillé durant ses 40 ans de parcours musical. Contentons-nous d’un tout petit minimum : Michel Jonasz, Catherine Lara, Henri Salvador, Claude Nougaro, Véronique Sanson, Keith Brown, Julien Clerc, Didier Lockwood.
Depuis 1993 jusqu’aujourd’hui, Sylvin Marc est le bassiste attitré du grand Chris Rea, celui qui a réussi à faire de l’ombre au groupe Dire Straits dans les années 90, et qui le qualifie de «diamant brute».
Pour ce musicien d’origine saint-marienne ayant connu la belle aventure à l’échelle littéralement planétaire depuis les années 60, être à l’affiche de Madajazzcar 2009 apparaît comme un bonheur sans limites.
«J’ai quitté la Grande île dans les années 60. A cette époque, il y avait les Surfs, Jérôme Randria, Railovy, Pumpkins, etc. Actuellement, la musique malgache a beaucoup évolué. Ça me ravit de voir des jeunes qui jouent bien», lance-t-il avec sourire.
Génie
Chez la génération malgache des années 2000, qui connaît vraiment Sylvin Marc ? Pas beaucoup certes, sauf que dans le rang des connaisseurs et des vrais passionnés de la musique, ce bassiste à la carrière internationale remplie est une idole, un «miroir» du succès.
Par curiosité et/ou pour se ressourcer, amateurs et musiciens confirmés sont venus en masse à l’atelier de guitare basse que le musicien a dirigé hier matin au Cercle germano-malagasy.
Quelques vieux amis ont figuré parmi l’assistance. «Nous nous sommes rencontrés dans les années 60 et avons fondé ensemble le groupe Pumpkins (ndlr: pionnier du rock malgache)», raconte Jean-Claude Andriamihaingo, plus connu actuellement comme chercheur en histoire et cinéaste.
Depuis 1967, Sylvin Marc a intégré la musique professionnelle de l’océan Indien aux côtés des célébrités de la diaspora musicale malgache telles Rolland Rahelison, Tony et Jeanot Rabeson, Serge Rahoerson. «C’est un génie mais il sait rester humble. Je suis honoré qu’il ait accepté de m’accompagner dans mon premier disque», témoigne Jean-Claude Vinson, chanteur-guitariste et ami de longue date du bassiste.
Ce soir, Sylvin Marc partagera l’affiche au CCESCA avec la guitariste allemande Leni Stern. Il sera accompagné par Armelle Cocherie au piano, Nicolas Vatomanga au`saxophone, Datita Rabeson à la guitare et Nini Rabarioel à la batterie. «Ce qui me comble davantage, c’est de me sentir de nouveau investi de l’énergie du pays», déclare le bassiste.

Ewxtrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4437 du 15-10-2009