La médecine traditionnelle est en effervescence. Les tradipraticiens ont de plus en plus de cote auprès des ménages, notamment dans la capitale. « Nous avons enregistré une hausse de 30% en terme de clientèle. On évalue que près de 90% des gens ont recours à la médecine traditionnelle de nos jours », explique Pasteur Désiré Ramavozatovo, président de l’association nationale des tradipraticiens malgaches.
Attention !
Tous les jours, une longue file s’observe devant un cabinet à Andravoahangy. « J’enregistre près de 50 clients par jour durant les vacances, contre 100 clients durant la rentrée scolaire », ajoute ce tradipraticien très cotoyé dans son monde.
« Avec la cherté des médicaments, il est pratique pour nous d’avoir recours à la médecine traditionnelle. Jusqu’ici, cela nous a fait du bien », souligne Rantoniaina Raheliarivelo qui soigne sa maladie gastrique avec des plantes médicinales.
Dans ce cabinet, toute couche sociale confondue y fait la queue de très bon matin. Mais avec cette avancée de la médecine traditionnelle, l’informel et les risques gagnent du terrain. « Beaucoup se fient à l’ouïe-dire et avale des plantes sans prescription. En même temps, nous enregistrons de plus en plus de tradipraticiens qui n’ont pas acquis le vrai statut. Ils n’ont pas suivi des études ou n’appartiennent pas à des descendants tradipraticiens », se plaint Désiré Ramavozatovo.
Et pourtant, le pays compte des plantes toxiques. « Nous n’avons pas peur de la question car cela nous a toujours guéri », affirme une autre mère de famille qui a l’habitude de suivre un traitement avec le thé vert.
Des médecins de la médecine conventionnelle confient que les plantes peuvent engendrer parfois un risque de néphrite et peuvent endommager les reins. Le pays compte 2000 tradipraticiens inscrits.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4435 du 13-10-2009