80 conteneurs de bois de rose ont pu quitter le port de Vohémar pour l’île Maurice. Le navire est sommé de revenir à Toamasina.
Y a-t-il défaillance ou corruption dans les hautes sphères de l’État ? 80 conteneurs remplis de bois précieux ont pu être embarqués et quitter le port de Vohémar, hier, vers midi. Une opération qui aurait dû être impossible, selon un haut responsable au sein du ministère des Finances et du budget, car l’autorisation d’exportation de ces marchandises est soumise à des conditions très strictes.
Parmi ces conditions figure le paiement d’une amende de 72 millions d’ariary d’amendes, en sus de toute autre taxe d’exportation. Et jusqu’au départ du navire Lea 085 de CMA-CGM, hier, rien n’indique que ces conditions ont été respectées. Des contrôles auraient dû d’abord être effectués et un ordre venu du ministère du Transport aurait dû
interdire tout embarquement. Une équipe du task force, conduit par un colonel de l’armée, avait même été dépéchée sur place pour éxecuter cet ordre qui n’a finalement pas été respecté.
« Il est anormal que ce navire ait pu partir du port de Vohémar, malgré cet ordre. Je pense qu’il y a eu des complicités de personnes très haut placées », revèle notre source au sein du ministère des Finances et du budget.
Aux dernières nouvelles, le navire qui doit se rendre à l’île Maurice a reçu l’ordre du ministère du Transport de rejoindre le port de Toamasina, dans un délai de 48 heures. Il est donc attendu au grand port de l’est au plus tard cette nuit. Les conteneurs qu’il transporte doivent subir des fouilles et des contrôles. Car d’après d’autres informations, certains de ces conteneurs contiendraient également des cargaisons de vanille qui étaient déclarées comme étant du café. Une manœuvre qui aurait permis à ses propriétaires de faire des fausses déclarations sur le rapatriement obligatoire de devises.
Autorisations spéciales
« Même si le navire décide de continuer sa route vers Maurice, nous allons également entamer des démarches auprès des autorités locales pour qu’il y soit bloqué, en attendant les contrôles », avertit le même reponsable.
Ce lot de 80 conteneurs fait partie des 362 recensés et bloqués au port de Vohémar, depuis plusieurs mois. Ces conteneurs appartiennent à 13 exportateurs qui ont reçu des autorisations spéciales, vers la fin du régime Ravalomanana. D’abord, bloqués par le gouvernement de transition, ils ont ensuite été autorisés à partir moyennant des conditions et dans un delai imparti. C’est le respect de ces conditions qui semble poser des problèmes aux opérateurs.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4430 du 07-10-2009