Nombreux sont les opérateurs qui se lancent dans la plantation à grande échelle de jatropha servant à produire du biodiesel à Madagascar. Mais l’exploitation à Miadanasoa, dans la commune rurale d’Ankazomborona, district de Marovoay, réalisée par la société Fuelstock Madagascar s’annonce en bonne voie et se veut même être un projet pilote en la matière. « A part les études effectuées depuis 5 ans sur la filière jatropha, j’ai mené ce projet étape par étape en collaboration avec des Malagasy très qualifiés tant sur le plan technique que sur le terrain, tout en tirant des leçons sur les expériences des autres promoteurs », s’exprime Peter G Hanratty, Chief Executive.

 Terrain inoccupé et brûlé  

Le choix de cette région s’explique par le fait que les conditions climatiques, chaudes avec une pluviométrie de 1 500mm, y sont très favorables à cette plantation. «  L’implantation de cet investisseur ne pose aucun problème aux paysans car le terrain est encore très vaste et inoccupé  depuis des années, voire même brûlé par la population », a évoqué Andriambololoniaina Fanantenana, le maire de la commune rurale d’Ankazomborona. Au contraire, cela contribue au développement du village de Miadanasoa, une zone très reculée dans sa circonscription, d’après ses dires. Notons qu’une première expérimentation a été réalisée par Fuelstock Madagascar en vue de produire et sélectionner les variétés de graines de jatropha destinées à la plantation à Ankazomborona. Un centre de formation dénommé « Jatropha school » y est aussi installé dans le but de former des paysans sur les techniques appropriées en matière de culture de jatropha, à part une éducation sur la santé. La première promotion compte déjà une vingtaine de jeunes.

Un teneur en huile de 40%  

Ensuite, un centre de pépinière produisant actuellement 100 000 plants de jatropha a été mis en place à Miadanasoa. C’est une expérimentation très réussie car le taux de germination a atteint plus de 95% en quelques semaines de plantation, d’autant plus que les sources d’eau y sont suffisantes pour son irrigation, a expliqué Junot Arimiaramanantsoa, le responsable de la pépinière. Seuls les engrais biologiques telles les fumures y sont utilisés avec un dosage de 15kg/m². Des analyses effectuées en Inde ont permis de conclure que les sols à exploiter sont pauvres en matières organiques ne concurrençant pas ainsi les cultures vivrières tandis que la teneur en huile de graine de jatropha de Madagascar avoisine les 40%, une qualité meilleure au monde, a-t-on appris. Par contre, les villageois se réjouissent de la mise en œuvre de ce projet. « Cette nouvelle activité nous permet d’obtenir un revenu de l’ordre 45 000 Ariary en enlevant les mauvaises herbes », a confié Fanja, une mère de 3 enfants.

Très accueilli par la population 

Cet investisseur est d’ailleurs très accueilli par la population locale du fait qu’il met entre temps un programme social, tels les appuis pour l’amélioration de nourritures, la fourniture des tables bancs pour l’école construite par l’Union Européenne sur place et la création d’un terrain de foot. « Des gens des autres villages nous avaient menacés de ne pas recevoir cet opérateur inconnu mais au contraire nous lui accordons beaucoup de confiance car nous avons déjà ressenti des impacts positifs sur nos conditions de vie. Du coup, ils deviennent jaloux car ils nous envient maintenant», raconte Rakalahita Cécile, une villageoise de Miadanasoa. Et même le doyen du village représenté par Randevo François, âgé de 80 ans, a donné ses bénédictions après avoir constaté que la plantation de jatropha y pousse d’une manière très remarquable. D’ailleurs il a déjà connu les vertus du jatropha à l’époque de la colonisation en citant entre autres, la fabrication de bougies. En fait, d’autres projets d’adduction d’eau potable et de mise en place d’un centre de santé sont aussi en vue, à part la création des infrastructures routières, et l’électrification gratuite de la zone d’intervention.

 

 Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7952 du 06-10-2009