A titre exceptionnel. L’ampleur qu’a prise, ces derniers temps, le trafic de bois précieux dans le pays, inquiète sérieusement les organisations internationales œuvrant dans la préservation de l’environnement et de la biodiversité à Madagascar. WWF (World Wide Fund), Conservation International (CI) et WCS (Wildlife Conservation Society), en particulier, réagissent contre les nouvelles mesures récemment adoptées par l’actuel gouvernement de Transition pour gérer la situation. Dans un communiqué conjoint, ces trois organisations internationales appellent le gouvernement à « annuler dans les meilleurs délais l’arrêté ministériel no. 38244/2009 du 21 septembre 2009 portant agrément d’exportation, à titre exceptionnel, des bois précieux à l’état brut ou semi-travaillés ».
Gouvernement de Transition. « Cet arrêté va à l’encontre des efforts déployés pour instaurer une bonne gouvernance environnementale et un système transparent de commercialisation du bois à tous les niveaux de la filière. Nous pensons également qu’il va à l’encontre des engagements pris par le gouvernement de Transition depuis le début de cette crise de s’attaquer sérieusement à l’exploitation forestière illégale…Bien au contraire, l’arrêté ne fera qu’ouvrir la voie à de nouveaux pillages des ressources naturelles si précieuses de Madagascar. Il rend légale la vente de bois illicitement coupés et collectés, facilite des détournements de fonds potentiels au nom de la protection de l’environnement et constitue une incitation légale à la corruption dans le secteur forestier. Nous sommes fortement préoccupés par les mesures proposées qui ne profiteront qu’à un petit groupe de personnes, tout en contribuant davantage à la pauvreté et l’impuissance des populations vivant de ces ressources naturelles », indiquent ces organisations internationales.
Global Witness. En outre, WWF, CI et WCS invitent également le gouvernement à « stopper toute exportation de bois précieux venant de Madagascar et à publier le rapport sur l’exploitation illégale faite par l’organisation internationale indépendante, Global Witness, et à prendre de toute urgence les mesures juridiques et politiques nécessaires, pour mettre fin efficacement à l’exploitation forestière illégale et au pillage de la flore et de la  faune du pays ». Cette interpellation commune réussira-t-elle à changer le cours des choses et à freiner le trafic de bois précieux dans la Grande Ile ? Touchons du bois !

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7951 du 5 octobre 2009