EXPORTATION. Même si des campagnes de collecte ne sont pas encore ouvertes, les réalisations des exportations de produits traditionnels n’atteindront pas les 50% cette année.

Les entreprises exportatrices de produits locaux notamment de petite et moyenne taille sont à l’agonie. « La plupart d’entre nous ne disposent même pas de fonds de roulement pour assurer nos activités, mais les banques étrangères en Europe voire, à Maurice, n’accordent pas non plus de pré-financement via nos clients importateurs », a révélé Faly Rasamimanana, DG de la société Faly Export. En effet, « Madagascar est classé dans la liste rouge des pays à risque compte tenu de la crise qui perdure encore,  et ces institutions financières craignent que les crédits consentis ne soient pas remboursés », a-t-il précisé.

Sécurité non garantie

Notons que les exportateurs malgaches négocient avec leurs clients en demandant de leur payer des avances pour pouvoir livrer les commandes à destination, et ce, sur la base d’un contrat. Mais cette démarche est maintenant interrompue en raison de la réticence des banques face à la situation à Madagascar. « Les autorités actuelles sont incapables de garantir la sécurité des biens et des investissements des opérateurs économiques », s’exprime Faly Rasamimanana. A titre d’illustration, des opérateurs disposant dans leurs magasins de stocks de produits destinés à l’exportation, comme le pois du cap, n’ont pas été épargnés lors des nombreux actes de pillage survenus dans le pays. Pourtant, ils étaient sous contrat avec des clients internationaux ayant fait des prêts bancaires. Cette image négative de Madagascar vis-à-vis des partenaires internationaux ne peut être effacée tant que la crise politique ne sera pas résolue, tient à signaler le DG de la société Faly Export.

Concurrence déloyale

Mais ce n’est pas tout !  L’irrégularité des commandes et la dégradation de la qualité des produits exportables ternissent également l’image du pays à l’extérieur. En fait, il n’y a plus de relations directes entre les exportateurs et les producteurs en raison de l’intervention des intermédiaires opportunistes. Les produits à exporter perdent ainsi en qualité du fait que ces agriculteurs ne connaissent plus les exigences des marchés. Par ailleurs, le DG de Faly Export dénonce que des mauriciens n’ayant que des patentes de collecte et d’exportation, font une concurrence déloyale au niveau de l’exportation de pois du cap. Ils n’ont pas de charges fixes à payer car ils ne possèdent même pas de sociétés sur place alors qu’ils collectent les produits destinés à l’export même dans la brousse tout en échappant au fisc, et rentrent dans leur pays une fois la marchandise expédiée, a-t-il révélé. Une volonté politique s’impose afin de régler tous ces problèmes mais du côté de cet opérateur, il est prêt à redorer le blason du pays en matière de respect de la qualité des produits à exporter via son programme HOREB.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7948 du 01-10-2009