C’est un demi-million de personnes d’une centaine de milliers de ménages vulnérables qui sont directement concernés. Il s’agit des futurs bénéficiaires du programme SALOHI ou Strengthening and Accessing Livelihood Opportunities for Househld Impact (amélioration de la qualité de la vie des ménages et renforcement de l’accès aux opportunités), une nouvelle assistance humanitaire dont bénéficieront des populations vulnérables dans les parties Est et Sud de Madagascar pendant les cinq années que durera le projet, de 2009 à 2014. Le programme est financé par les Etats-Unis à travers le bureau « vivres pour la Paix » de l’USAID à hauteur de 85 millions de dollars US sur 5 ans, soit 17 millions de dollars par an.
Domaines d’intervention. Il s’agira avant tout d’apporter appuis et assistance aux communautés pour que celles-ci parviennent à augmenter leurs productions alimentaires et les revenus qu’elles génèrent. Mais tout ne s’arrête pas là car le programme interviendra également dans des domaines, somme toute, interdépendants comme améliorer la santé nutritionnelle, faire face aux aléas climatiques dont essentiellement les cyclones, les sécheresses et les inondations que connaissent régulièrement les régions ciblées par le projet SALOHI, et ce, à travers le développement des systèmes d’alerte précoce et l’exécution des plans de prévention des catastrophes. 
Ainsi, au chapitre de l’aide alimentaire proprement dite, celle-ci, à travers le programme « vivres contre formation » proposera un appui nutritionnel et de transmission de compétences à la vie aux familles très vulnérables des régions urbaines pendant la période de soudure. De même, des rations alimentaires seront distribuées aux familles comportant des femmes enceintes ou allaitantes, des enfants en bas âge (6 à 23 mois).
« Ce nouveau programme ira au-delà d’une intervention d’urgence, pour donner aux communautés et aux enfants la chance de vivre une vie meilleure », déclare alors l’ambassadeur des Etats-Unis, Niels Marquardt, lors de la cérémonie de lancement officiel du programme SALOHI, hier dans les locaux de CRS ( Catholic Relief Services). Ceci se concrétisera à travers des projets d’infrastructures communautaires, de santé maternelle et infantile, d’activités de formation de revenus, de gestion rationnelle des ressources naturelles, etc.
Consortium. Plusieurs ONG chevronnées, réunies dans un consortium, sont mobilisées pour la mise en œuvre du programme. CRS en est le chef de file et avec elle s’alignent ADRA (Adventist Development and Relief Agency), CARE (Cooperative for Assistance and Relief Everywhere) et la division Développement International de Land O’Lakes. Ces ONG seront ainsi présentes sur le terrain, à savoir les 120 communes rurales et les trois grandes agglomérations urbaines ciblées par le projet SALOHI dans les parties Est et Sud de Madagascar.
A u terme des 5 ans de mise en œuvre du programme (le 30 juin 2014), l’on s’attendra à une augmentation de la production alimentaire de 79 000 petits exploitants et de 3 000 éleveurs, une amélioration de la sécurité alimentaire de 492 000 personnes, une réduction de la malnutrition (8%) et de la morbidité des enfants de moins de 5 ans. S’y ajouteront quelque 82 000 agriculteurs formés, 1 463 km de pistes construites, près de 500 communautés bénéficiant de système d’alerte précoce pour faire face aux catastrophes, 2 500 familles des zones urbaines, en état d’insécurité alimentaire avancé, formées en matière de compétences à la vie, pour ne citer que cela. Bref, un vaste défi entrant dans le cadre d’une aide apolitique fournie par les Etats-Unis au profit de Madagascar, l’un des deux seuls pays à l’avoir reçue au titre de Food for Peace en 2009.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N° 7942 du 24-09-2009