Le conseiller d’administrateur de la Banque africaine de développement effectue un bref séjour à Tana. Il a pour mission d’évaluer les portefeuilles de la BAD.
• L’urgence motive-t-elle votre visite ?
– Je ne peux pas dire non. La situation s’aggrave de plus en plus. Je suis donc venu pour constater de visu dans quel état se trouvent les projets financés par la BAD, et surtout voir avec les autorités malgaches des solutions pour surmonter les problèmes dus à la crise.
• Où en est-on justement avec les projets de la BAD ?
– Les projets en cours continuent. En revanche, il n’y a pas de nouveaux projets étant donné qu’à l’image des autres bailleurs de fonds, la BAD se conforme à la décision de la grande famille de la communauté internationale concernant la continuité de son engagement à Madagascar. Il faut savoir qu’outre les projets, la BAD participe à hauteur de 60 mililons de dollars à l’aide budgétaire dont la moitié a été déjà débloquée. Personnellement, je me bats pour qu’on débloque le reste, mais il faudra attendre un pouvoir accepté par le monde.
• Est-ce à dire que tous les projets avancent bien ?
– Je dois reconnaître qu’il y a des problèmes et c’est pour cela que je suis venu. Des entrepreneurs ne sont pas réglés dans certains projets, pour ne citer que la réfection de la RN 34-35 reliant Antsirabe à Morondava. C’est grave étant donné que c’est vital pour l’entreprise et partant, pour ses employés. Il y a d’autres cas et je peux dire que tous les secteurs sont touchés par la crise.
• Un pouvoir de quelle mouvance attendez-vous ?
– La BAD n’a aucune préférence politique. Cela n’entre pas dans ses critères de coopération. Nous collaborons avec un pays mais non avec un homme ou un pouvoir. Quelle que soit l’option prise, la BAD n’aura aucune objection dans la suite de son avenir à Madagascar. À ce propos je tiens à souligner qu’à aucun moment, la BAD n’a envisagé de fermer son bureau à Madagascar.
• Quels sont les projets en instance avant la crise ?
– Le barrage de Sahanivotry est cité en exemple dans tous les projets du même genre en Afrique. Il permet d’éviter les délestages pour le réseau Tana. Un projet semblable n’attend que sa concrétisation à Ambatolampy et la BAD est prête à en construire des centaines dans tout le pays.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4417 du 22-09-2009