La hausse du prix du riz n’est pour l’instant qu’une spéculation. Mais les indicateurs montrent des signes alarmants pour les mois à venir.
«Qu’est-ce qui permet de garantir que la dépréciation de l’ariary pourra être maîtrisée ?» La question adressée par un opérateur au ministre des Finances et du budget Hery Rajaonarimampianina illustre bien l’état d’esprit dans lequel se trouve la majorité des Malgaches.
L’avenir de l’économie du pays est plus que jamais si incertain voire si inquiétant que tous les agents économiques préfèrent jouer la prudence. Un comportement qui, au final, ne fait qu’accélérer la détérioration de la situation. À commencer par celui des consommateurs qui s’empressent de constituer des stocks de riz de peur de revivre la grave pénurie de 2004. Cette augmentation subite de la demande crée une tension artificielle sur le marché et, associée au climat d’inquiétude instauré par les médias, favorise les spéculations. Conséquence immédiate: la hausse subite du prix du kilo du riz observée depuis la semaine dernière.
«Il n’y a aucune crainte de pénurie ni de hausse vertigineuse du prix du riz à l’heure actuelle. Il y a simplement eu un retard dans l’arrivée de la dernière récolte sur le marché. En effet, les producteurs ont préféré garder leur production à cause du niveau trop bas du coût du paddy en début de campagne», explique Dominique Rafenomanana Razaka, lors d’une rencontre avec la presse la semaine dernière.
Climat d’insécurité
À la fin du mois d’août, les prix moyens se situaient au dessous du niveau de 2008 à la même période. Autrement dit, la situation actuelle n’est pas encore catastrophique, mais la rapidité de l’évolution des prix doit alerter les dirigeants. Madagascar a besoin de 150 000 tonnes de riz importé, qualifié généralement de «stock tampon», pour équilibrer l’offre et la demande interne.
La Plateforme de concertation et de pilotage de la filière riz est toujours opérationnelle à l’heure actuelle. Elle regroupe tous les acteurs de la filière en amont et en aval de la chaîne. Le ministère du Commerce affirme que 10 000 tonnes de riz arriveront d’ici le mois d’octobre, mais cela ne rassure pas l’opinion. Le scandale qui a entouré la vente du riz de Tiko au port de Toamasina a instauré un climat d’insécurité autour de l’importation de la denrée. On se pose également des questions sur la confiance que les banques peuvent accorder au secteur.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4417 du 22-09-2009