La pénurie en devises se fait déjà sentir dans certains bureaux de change

Pas plus de 7000 euros pour un voyageur. La mesure n’arrange pas tout le monde, surtout les missionnaires et ceux qui voyagent pour affaires. Et pourtant, le rationnement des devises est actuellement devenu la règle chez certaines banques et bureaux de changes. Un rationnement dû à la pénurie en devises chez les cambistes. Une mesure qui risque, par ailleurs, de renforcer le marché noir.

Dégringolade

Faute de devises suffisantes dans les banques et les bureaux de changes, les voyageurs se tourneront forcément vers les cambistes à la sauvette dans les rues de la capitale. Du coup, les cours risquent encore de connaître une montée vertigineuse. En tout cas, ce rationnement risque encore davantage de faire du mal à l’ariary qui continue sa dégringolade aussi bien au niveau des changes manuels que sur le Mid (Marché interbancaire des Devises). Au change manuel, la barre des 1/3 000 pour la parité euro/ariary a été déjà franchie la semaine passée, sur le marché des devises, la monnaie nationale se montre impuissante et n’arrive pas à redresser la tête. Du coup, les cours restent en dessous de la barre des 1/2800.

En effet, à la clôture du Mid hier, l’euro se négociait à Ar 2 836,40. Certes, une petite amélioration a pu être observée entre la séance de vendredi dernier (1 euro = 2858,06) et celle de lundi mais le niveau de l’ariary reste toujours très bas.

Il faut noter que, par rapport au dollar, l’ariary semble plus ou moins stable. En effet, les cours varient dans une fourchette assez serrée depuis la semaine passée. Mais quoi qu’il en soit, le comportement de la monnaie malgache ces dernières semaines ne rassure guère le milieu économique.

Filaharam-bary

Un milieu économique qui craint en tout cas le pire et qui voit en cette mesure de rationnement des devises un retour progressif vers les durs moments de la période socialiste où tout était rationné. Les observateurs pensent notamment au riz dont le système de distribution est complètement déréglé à l’heure. Et la chute de l’ariary, ainsi que la pénurie en devises qui commencent à se faire sentir risquent encore d’aggraver la situation. Car cela provoquera non seulement la hausse des prix, mais aura des impacts négatifs sur la capacité des opérateurs d’importer du riz. Si des mesures ne sont pas prises, la transition risque de faire reculer les consommateurs vers le « Filaharam-bary » (Faire la queue pour avoir sa ration de riz). Un retour en arrière.

 

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7940 du 22-09-2009