Plusieurs familles défavorisées décident de ne pas envoyer ou limiter la scolarisation de leurs enfants. La hausse des frais de scolarité dépasse leur possibilité.
Raharimalala n’aura pas la chance d’obtenir le premier diplôme de sa vie. Admise en classe de 7ème, cette petite fille âgée de 12 ans, habitant à Anatihazo Isotry, va rater l’école, cette année. Sa mère ne pourra plus payer sa scolarisation à l’école primaire publique, faute de moyens.
« Les frais de scolarité ont augmenté de Ar 6000 à Ar 8000 à l’EPP de la Cité des 67ha sud. Une charge insupportable pour ma mère. Je ne sais pas encore comment je vais faire pour passer le temps », commente-t-elle, avec regret.
Une situation critique
La crise a eu un lourd impact sur le quotidien de cette famille qui vit au jour le jour. Elle ne va scolariser qu’un seul enfant à cause de la hausse des frais de scolarité. « Auparavant, j’ai payé Ar 8 500 pour mes cinq enfants. Maintenant, le coût est de Ar 5 000 par enfant. Une situation qui m’échappe, totalement, avec le maigre revenu de Ar 2 000 que je gagne, par jour, en lavant des linges », soupire Nirina Rafaraniaina, lavandière à Anatihazo Isotry. À côté d’elle, Pauline Ratiarison affirme ne pas être en mesure d’envoyer son unique enfant à l’école. « Les frais ont augmenté de Ar 4 000 à Ar 7 000 à l’EPP d’ Anatihazo Isotry. En plus, aucun moyen de négocier avec les responsables qui sont très fermes », se plaint-elle.
Beaucoup de lavandières sont dans la dèche car leurs patrons préfèrent accomplir, eux-mêmes, la lessive pour économiser. Des enfants, issus des familles défavorisées, risquent de rater leur rentrée scolaire. L’instabilité politique actuelle est en train de piétiner leur droit à l’éducation. Une situation qui échappe à certaines écoles primaires publiques.
« Les parents ne paient pas de droit d’inscription mais une cotisation pour payer les enseignants, recrutés par l’association des parents. Cette hausse pourrait être due au recrutement intensif pour combler le manque d’enseignants dans ces écoles », souligne Voahangy Rakotondramboa, chef de la circonscription scolaire d’Antananarivo.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4411 du 15-09-2009