La vanniers de la région Haute Matsiatra profitent des vacanciers pour faire la promotion de leurs produits. Ils comptent gagner un marché intéressant sur la côte ouest.
Une foire chasse une autre. Après Foire be Telma, des artisans malgaches ont exposé leurs produits sur les deux avenues principales du bord de la mer du 27 août au 2 septembre.
La deuxième manifestation du genre à Mahajanga est organisée par Jack’s production. Cette fois, une nouvelle formule a été proposée pour les participants, plus précisément une semaine d’exposition, plus une semaine de vacances en contrepartie d’une participation. L’année dernière, les participants ont juste été présents pour une vente-exposition.
Une cinquantaine de stands sont dressés durant cette manifestation au beau milieu de l’avenue. La plupart sont tournés vers la vannerie, le tapis mohair, les bijoux en cornes de zébu et les pierres précieuses. Les soieries et du miel provenant de la région d’Amoron’i Mania ont de même intéressé les visiteurs.
Cet événement a été rentable pour des participants puisqu’il s’est tenu durant la période des vacances. Ce sont surtout les touristes étrangers qui ont acheté les produits.
L’association «Andrin’ny mpandrary ny Matsiatra Ambony» (AMM), venant de Fianarantsoa et réunissant des vanniers, se trouve à sa première participation. La particularité de son stand est la présence des artisans en plein ouvrage.
«Ces deux dames sont d’habiles transformatrices et de tresseuses. Notre spécialité est la fibre végétale. Nous utilisons surtout le forona et le vinda», explique Roland Rabevazaha responsable au sein de l’association.
Bénéfice moindre
« Les produits fabriqués à partir de ces matériaux sont les plus recherchés et vendus. Les clients préfèrent ceux en couleur naturelle. Nous confectionnons surtout des sacs pour fillettes, des paniers, ainsi que des sets de table et classeurs», précise ce membre de l’AMM.
La fibre vinda possède une valeur culturelle pour les Betsileo. Les mères attendent leur bébé sur une natte faite avec cette matière végétale. En cas de décès des ray aman-dreny ou parents, les linceuls seront faits de nattes en vinda. Tandis que lors d’une demande en mariage, la dot de la jeune fille sera offerte dans une boîte fabriquée à partir du vinda.
« Nous demandons aux responsables de se pencher sur notre cas. Les produits de fabrication malgache sont achetés à très bas prix. Or, un article nécessite une semaine de travail, lequel commence par la collecte des matières premières dans les rizières, se plaint une artisane.
« Le bénéfice est moindre, alors que les paysannes sont payées à 2 000 ariary par jour, pour un article vendu à 3 000 ariary», ajoute-t-elle. Il faut compter une semaine pour la collecte jusqu’au séchage des matières premières qui dure quatre jours. Les fibres sont lavées dans du tany fotsy après.
« Nous sommes en train de prospecter le marché de Mahajanga. Je crois que nos produits intéressent beaucoup de clients locaux. Les articles de vannerie fabriqués ici sont faits de satrana, ce qui fait la différence. Le forona et le vinda sont très solides », fait remarquer Roland Rabevazaha.

Extrait l’Express de Madagascar –  Edition n° 4401 du 03-09-2009