Zurich, 28 août 2008 – Le Zoo de Zurich est extrêmement préoccupé par ce qui se passe actuellement dans le parc national de Masoala au Nord-Est de Madagascar. Selon le rapport des principaux partenaires des secteurs financier et environnemental à Madagascar, près de 4’000 personnes se trouveraient actuellement illégalement dans le parc national. Les pillards coupent le précieux bois de rose sans personne pour les en empêcher et braconnent les animaux protégés. Les chefs de bandes ne reculent devant rien et menacent la population locale et les collaborateurs du parc national de leurs armes. Différentes organisations internationales de protection de la nature, des représentants des ambassades de plusieurs pays, ainsi que la Banque mondiale et la banque de développement KfW joignent leurs efforts pour aider le gouvernement de transition de Madagascar à résoudre la crise. Global Witness et l’Environment Investigative Agency étudient actuellement la situation des différents parcs nationaux. L’UNESCO a également été alertée.

Chaque jour, d’autres nouvelles dramatiques arrivent au Zoo de Zurich, indiquant l’ampleur des coupes de bois illégales et de la chasse aux lémuriens dans le parc national de Masoala, ainsi que dans les autres parcs nationaux et forêts protégées de Madagascar.

Après le coup d’Etat en mars dernier, qui a bouleversé la population civile de Madagascar, le gouvernement a perdu le contrôle des richesses naturelles dans les parcs nationaux et les réserves. Les rangers non armés des parcs nationaux sont menacés, intimidés et attaqués, et sont consternés de devoir assister au pillage des zones protégées au vu et au su de tout le monde.

Selon le rapport du Cercle de Concertation des Partenaires Techniques et Financiers du Secteur Environnement, CCPTF, en date du 6 août 2009, on peut supposer que près de 4’000 personnes séjournent actuellement illégalement dans le parc national où elles coupent le précieux bois de rose sans personne pour les en empêcher. Chaque jour, des centaines d’arbres sont abattus, puis transportés illégalement par voie maritime ou terrestre.

Les chefs de bandes ne reculent devant rien et menacent la population locale de leurs armes lorsque celle-ci fait mine d’intervenir pour protéger les forêts. Les braconniers chassent et tuent les lémuriens pour leur consommation personnelle ou pour en vendre la viande à des restaurants. Madagascar et Masoala sont sur le point de perdre leur patrimoine unique de richesses naturelles. Il ne restera bientôt que forêts appauvries, érosion et pauvreté. Les seuls à en profiter sont les « barons » du bois de rose et leurs alliés, qui organisent le pillage actuel des trésors de la forêt humide.

L’appauvrissement des forêts entraîne aussi l’appauvrissement de la population locale, car l’érosion faisant son travail, les fleuves s’envasent et les coraux de la mer sont recouverts par les sédiments. Dans un appel à l’aide publié dans un quotidien malgache, les citoyens du pays ainsi que le Groupement des Opérateurs Touristiques Maroantsetra–Masoala, GOTMM se sont adressés au public, parce qu’ils sont forcés de voir comment le potentiel de développement futur d’un tourisme durable est sacrifié au profit d’une brève ivresse de bois de rose : „Au nom des habitants de Maroantsetra, riverains du Parc national de Masoala et Makira, qui croient aux potentialités infinies, aux atouts immenses que constitue un Patrimoine naturel aussi exceptionnel et qui veulent jouer la carte tourisme nature pour le développement économique de la région. Aidez-nous !"

Le Zoo de Zurich est très préoccupé par l’évolution actuelle qui menace de détruire le tourisme durable promu depuis 2003 et d’anéantir les efforts de protection du parc national de Masoala. Dans cette période difficile, le parc national de Masoala et les autorités malgaches responsables des parcs nationaux ont besoin de tout le soutien international possible. Le Zoo de Zurich est en contact étroit avec son partenaire local Wildlife Conservation Society (WCS), le parc national de Masoala et l’ambassadeur suisse à Madagascar WCS travaille de manière intensive avec les autres organisations internationales de protection de la nature comme WWF et Conservation International. La Banque mondiale, la banque de développement KfW, le programme des Nations Unies pour le Développement (UNDP) et l’US Agency for International Development (USAID) tentent eux aussi d’aider le gouvernement malgache de transition à surmonter la crise actuelle dans les parcs nationaux et les réserves. L’UNESCO est alarmée par la situation dans le parc de Masoala, qui a été déclaré patrimoine mondial naturel de l’UNESCO en 2007.

Actuellement, Global Witness et l’Environment Investigative Agency (EIA), deux organisations internationales, sans but lucratif et politiquement indépendantes, ont été priés par les autorités malgaches responsables des parcs nationaux d’étudier l’état des différents parcs. Leur rapport et leurs propositions de mesures sont attendus dans les prochains jours. Il reste à espérer que les coupables seront bientôt tenus responsables de leur comportement. Le Zoo de Zurich continue à soutenir le parc national de Masoala et la population de la zone voisine. En cette période difficile, il est d’autant plus important de pouvoir poursuivre les projets en cours. Le pillage du parc national entraîne la paupérisation de la population locale. Les richesses naturelles représentent le capital futur de la société malgache !

  • Plus d’informations :
    Dr Alex Rübel, Directeur du Zoo de Zurich
    Dr Martin Bauert, Curateur Projets de protection de la nature et botanique
    Téléphone 044 254 25 00, medien@zoo.ch, www.zoo.ch

Extrait Madagascar Tribune – mercredi 2 septembre 2009