Alerte rouge à Faux-Cap, où le bateau turc Gulser Anna a échoué depuis quelques jours. Sa cargaison composée de 383m3 de fuel et 7000 litres de lubrifiants se déverse en mer. La pêche est suspendue dans cette partie sud de l’île.
Le danger plane à Faux-Cap. Si une semaine auparavant, l’échec du bâteau turc Gulser Anna transportant 39 000 tonnes de phosphate ne présentait pas un danger, l’alerte est déclenchée, depuis hier. Les déchets du bateau se déversent dans la mer et touchent la plage de Faux-Cap.
«Depuis quelques jours, la plage s’est noircie. Aussi, des petits poissons sans vie gisent sur place», raconte un habitant à Faux-Cap contacté par téléphone.
Le tourisme en danger
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En plus des phosphates, 383m3 de réserve de fuel et plus de 7000 litres de lubrifiants sont actuellement déversés dans la mer, touchant une partie de la plage à Faux-Cap. Pour y faire face, une cellule interministérielle a été créée.
Elle se charge surtout des mesures administratives et judiciaires à l’encontre des membres de l’équipage du bateau. Depuis hier, la riposte gouvernementale, pilotée par la primature a été déclenchée. Un décret ministériel est sorti pour interdire toute activité de pêche sur place. Une mesure qui risque de pénaliser les pêcheurs, majoritaires dans cette partie de l’île. D’où l’indemnisation des concernés. Mais les risques sur les ressources maritimes s’annonçent graves.
«Les phosphates ne sont pas nocifs mais leur abondance peut accélérer la décomposition des algues, favorisant la production de toxine chez les espèces marines», explique Laurent Ampilahy, un environnementaliste au sein du parti Hasin’i Madagasikara.
Mais le danger ne s’arrête pas là. «Le déversement d’hydrocarbures au Cap Sainte-Marie risque d’engendrer une pollution marine grave dans cette partie de l’île. Pour ne citer que la destruction des récifs coralliens. Mais son impact sur le tourisme doit être mesuré aussi», explique Roland Rakotondrasata, coordinateur de l’organe de lutte contre l’évènement de pollution marine par l’’hydrocarbure (OLEP).
Une équipe est partie sur terrain pour constater de visu les dégâts et procéder au nettoyage. «Neuf experts étrangers en refoulement sont attendus pour apporter leur aide matérielle anti-pollution marine».
Il souligne que l’intervention ne doit pas être difficile. «Le premier objectif est de limiter les surfaces attaquées».

Échouage fréquent
Les mers malgaches sont assujetties à des échouages de bateaux. Pour ne citer que ceux de Maintirano, de Tolagnaro et d’autres. Jusqu’ici, l’OLEP a pu intervenir à temps pour éviter que les déchets d’hydrocarbures ne soient déversés dans la mer. Mais cet échouage au Cap Sainte Marie s’avère comme un cas sans précédent, selon les responsables.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4399 du 01-09-2009