Cette mère lavandière assume tant bien que mal ses tâches pour subvenir aux besoins de sa petite famille.
On la croise partout dans la capitale. Tous les jours, elle doit parcourir des kilomètres pour trouver de linge sale à laver. Mais sa manière de faire est plutôt particulière.
Sandra Rahantanirina, 34 ans se différencie des autres lavandières de la capitale grâce à sa débrouillardise. En plus de ses linges, elle est munie d’une calèche et de jerrycans pour assumer ses tâches. «La calèche me sert de lavoir mobile car il est rare que je trouve de place auprès des lavoirs publics de quartiers. Pour les jerrycans, elles me servent de point d’eau. Faute de moyens, il faut penser à autre chose », souligne-t-elle.
Gagner Ar 3 000 par jour
Madagascar manque encore de points d’eau. Chaque année, l’objectif est de construire 12 500 nouveaux points d’eau qui pourront desservir plus de deux millions de Malgaches. Sandra Rahantanirina figure parmi ceux qui attendent encore son tour d’être servie.
Habitant à Ankasina, cette lavandière doit se démener quotidiennement pour collecter Ar 3000, le minimum pour assurer trois repas par jour pour sa petite famille. Elle a quatre enfants. «Ma vie est dure. Mais je ne m’en plains pas. Je réussis à nourrir mes proches grâce à ma calèche et mes jerrycan. Ces simples matériels me font gagner beaucoup de temps pour faire la lessive », conclut Sandra Rahantanirina, déjà à son dixième linge en quart d’heure d’interview. Très agiles, ses mains passent et repassent chaque partie de chaque linge. Un don qu’elle a hérité de sa mère lavandière qui n’est plus active actuellement.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4395 du 27-08-2009