Des flancs entiers de collines, en feu et de vastes étendues de terrains portent encore les stigmates de récentes flammes qui les ont consumés. Le spectacle désolant se trouve essentiellement sur la RN4, dès les abords du Tampoketsa. Les usagers de cette route nationale auront remarqué les vastes surfaces, boisées ou pas, en proie aux flammes et des fumées se dégageant des espaces parfois très proches de la route. La couleur noire qui prédomine à certains endroits longeant la RN4, indique de récents feux de brousse qui commencent déjà à laisser la place à de jeunes pousses d’herbes vertes. Exactement le but recherché par les auteurs des feux de brousse. En effet, ces derniers, dont peu nombreux sont appréhendés, comptent sur les jeunes repousses d’herbes vertes pour permettre aux troupeaux de brouter. Une méthode ancestrale que le pays a essayée tant bien que mal de combattre durant des décennies à travers les campagnes de lutte contre les feux de brousse. D’autres justifient les feux de brousse par la pratique de la culture sur brûlis, également combattue depuis de longues années et qui semble être en régression.
Régression. Mais après quelques années de progrès et de résultats encourageants, il semble bien que de nombreuses communes sont en nette régression en enregistrant une forte recrudescence des feux de brousse. L’axe de la RN4 est constamment touché par le fléau. Outre le Tampoketsa régulièrement en proie aux flammes à chaque saison sèche, les abords de Maevatanàna sont, cette année, particulièrement touchés si l’on en juge par le manteau noir qui couvre les étendues de terrain à quelques kilomètres de la ville.
On se rappelle également l’incendie du parc national d’Ankarafantsika, toujours sur la RN4 il y a quelques années, ayant donné du fil à retordre aux soldats du feu et causé des pertes considérables pour le patrimoine que renferme ce parc national.
L’instauration dans le cadre de la lutte contre les feux de brousse, des concours des « communes vertes » où les feux de brousse auront été en régression, voire éradiqués, ont donné des résultats encourageants, ces dernières années. Malheureusement, ceux-ci risquent fort d’être réduits à néant car les vieilles habitudes reviennent en force.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7916 du 25-08-2009