Le volume des marchés publics a connu une baisse depuis le mois de février. La crainte des entrepreneurs en sont les causes.
L’octroi des marchés publics se poursuit. Néanmoins, les opérateurs annoncent une certaine réticence, quant à l’émission des offres, de peur que le paiement ne soit pertubé face aux priorités du gouvernement. « Les appels d’offres existent toujours mais nous ne voulons pas prendre de risque. Il faudra tout d’abord vérifier que le budget y afférent existent bel et bien auprès des ministères concernés par les marchés », explique Abel Razafimahatratra, un entrepreneur. « Par ailleurs, nous ne savons pas encore exactement quelles sont les priorités actuelles de l’État. Il peut, à tout moment,
décider de ne pas effectuer le paiement au profit d’un autre ouvrage. Déjà, même avec la stabilité, le paiement du TVA a toujours été un problème pour les entrepreneurs », poursuit-il.
Réduction du budget
Cette perte de confiance des entrepreneurs combinée à la réduction du taux d’engagement du budget de l’État a conduit à une baisse du volume des marchés publics. « Cette baisse du volume des marchés publics est aussi liée à la réduction du montant des dépenses autorisées. Seulement les 63 % du budget de l’État peut être utilisé, compte tenu de l’absence des apports des bailleurs », indique un responsable auprès de l’Autorité de régularisation des marchés publics.
Selon les statistiques fournies par la Commission nationale des marchés publics, les nombres des marchés accordés sont passés de 224, en juillet 2008, à 60 en juillet 2009. En ce qui concerne le montant, il est passé de plus de 98 574 862 125 d’ariary, à près de 17 milliards d’ariary pour les deux périodes respectives.
Particulièrement pour les petites et moyennes entreprises, les conditions imposées dans les appels d’offres constituent également un blocage pour l’obtention d’un marché. « Les appels d’offre qui existent ne s’adressent pas aux petites et moyennes entreprises. Ils requièrent un chiffre d’affaires assez important aux soumissionnaires », annonce un gérant d’une PME intervenant dans le secteur bâtiment et travaux publics.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4393 du 25-08-2009