L’expérience de l’atelier « Soratra » à Antsiranana a établi un bilan prometteur. Dans le Nord, le germe littéraire est aussi ardent que le salegy.
Quand deux «prêcheuses» de la littérature s’activent pour la bonne cause de leur passion, c’est une réussite. Le défi est énorme pour l’écrivain Michèle Rakotoson et la poétesse Ny Eja qui ont réalisé à Antsiranana, du 28 au 31 juillet, une étape importante du projet «Soratra». C’est l’atelier d’écriture initié par Opération Bokiko et qui offre aux amateurs et aux passionnés de littérature un plateau de formation pour cultiver et surtout perfectionner leur talent.
Si depuis toujours Antsiranana est considéré comme le fief exclusif du salegy, la soif de la culture du livre s’est manifestée ces dernières années d’une manière fortement explicite.
«Après avoir constaté le succès de Soratra 2008 à Antananarivo, les originaires d’Antsiranana en France nous ont demandé d’organiser la même manifestation dans leur terre natale. Estimant que la culture du livre est ce qui manque au développement de leur région, ils ont cherché tous les moyens pour financer eux-mêmes le projet», confie l’écrivain Michèle Rakotoson, principale initiatrice de Opération Bokiko.
En se basant sur la réalité du terrain, il semble que tous les efforts menés par la diaspora à travers différentes quêtes et opérations lucratives effectuées à Paris, ont porté leurs premiers fruits. «Alors que nous avons prévu une vingtaine de participants, nous avons enregistré presque le double. Il nous a même fallu refuser les retardataires», rapporte l’écrivain pour démontrer l’intérêt des Antsiranais-lycéens, universitaires ou employés- pour la culture littéraire.
Création de blog
Ny Eja a dirigé plusieurs modules dont la formation à la mise en page et à la création de blog ainsi que l’intégration des participants dans des réseaux littéraires internationaux. Mais finalement, c’est dans la pratique des techniques d’écriture que tous les espoirs ont surgi. «Nous y avons découvert une véritable mine de talents. Là-bas, l’authenticité est très vive car la culture traditionnelle demeure très implantée. Il nous suffit juste un déblocage pour voir tout exploser», certifie Michèle Rakotoson.

Ce qui a sans doute amené les deux missionaires à rééditer l’action à Antsiranana en 2010. «En septembre, une opération mofo gasy se déroulera à Paris pour s’y préparer», annonce Michèle Rakotoson.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4393 du 25-08-2009