Les bailleurs de fonds attendent l’issue de Maputo II avant de reconsidérer leur position, par rapport à la situation politique malgache.
Maputo I ne constitue pas encore une garantie tout risque pour les partenaires techniques et financiers de Madagascar. Ils veulent attendre les résultats du deuxième sommet dans la capitale mozambicaine, censés mettre en place une transition consensuelle et inclusive, avant de reconsidérer leur position.
« Les avocats de la Banque mondiale vont étudier la situation après Maputo II. Ce n’est qu’après que la Banque (mondiale) va prendre des décisions », a indiqué Lilia Burunciuc, chargée de programme Madagascar à la Banque mondiale, jeudi, au siège de l’Institution de Bretton woods, à Washington.
Après la prise de pouvoir par Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de la transition (HAT), les partenaires techniques et financiers de Madagascar, ont modifié leur programme. Les bailleurs de fonds ont, soit suspendu, soit supprimé leur programme à Madagascar.
À entendre Lilia Burunciuc, les bailleurs de fonds comme la Banque mondiale, restent sur une position prudente, malgré la signature des « Accords de Maputo », au début du mois d’août sur la gestion d’une transition consensuelle et inclusive.
« Pour l’instant, je ne peux pas me prononcer sur l’avenir », a-t-elle répondu à la question du calendrier, de la possibilité de reprise de l’ensemble du programme de la Banque, pendant la transition ou après la mise en place des institutions de la IVe République.
Sommet à enjeux
A l’heure actuelle, les interventions de la Banque mondiale se limitent à trois domaines. Il s’agit de la nutrition, de la lutte contre le VIH Sida ainsi que de la sécurité alimentaire, par l’intermédiaire du Fonds d’intervention pour le développement (FID).
La position de la Banque mondiale n’est pas isolée par rapport à la situation politique à Madagascar. A entendre Jocelyn Radifera, ambassadeur de Madagascar aux États-unis, le gouvernement américain se montre également prudent sur la situation malgache. « Quand je discute avec les responsables gouvernementaux, la réponse est pour l’instant la même : on verra », a rapporté le chef de la mission diplomatique, concernant l’éventualité d’une reconsidération de la politique malgache par l’administration Obama.
Interrogé sur la possibilité d’une reprise de l’ensemble des programmes américains, comme l’Africa growth and opportunity act (AGOA), relatif à la dérogation accordée aux pays africains pour l’importation de matières textiles, ou encore le Millénium challenge account (MCA), Jocelyn Radifera avoue son incapacité à anticiper la réponse. « Mais à mon avis, si Maputo II est exécuté, je crois à la reprise des programmes », a-t-il lancé.

Exytait l’Express de Madagascar – Edition n° 4392 du 24-08-2009