Bonjour

Comme nous en avons convenu, je vous adresse un court récit de notre voyage à Madagascar du 15 au 30 juillet.
Tout s’est passé pour le mieux, et nous garderons longtemps le meilleur souvenir de tous les moments passés là-bas.
Nous espérons bien refaire le voyage, mais cette fois pour découvrir d’autres régions du pays.
Bien cordialement

Eric et Laurence Vagnier

***   Madagascar, du 16 au 30 juillet 2009   ***

 

Jacaranda – circuit vert

 

 

 

16 juillet :

10 h : Atterrissage à Tana. La Grande Ile est à nous ! Lova, qui sera notre guide pendant 5 jours, nous attend à l’aéroport. Il nous conduit en minibus – car nous sommes une famille de 6 personnes – jusqu’en plein centre de Tana, à l’hôtel Sakamanga (« Le Chat Bleu » ). Nous sommes accueillis avec de lumineux sourires dans ce lieu étonnant, musée inattendu tout en corridors et détours. L’hôtel Sakamanga est plein de trouvailles qui témoignent de l’histoire et de la diversité de l’île rouge : période de la royauté et période coloniale sont illustrées par des objets insolites, rappelant la terre, la culture, la musique. Et au bout d’un vrai labyrinthe végétal, la douceur ombragée d’une petite cour est la bienvenue après notre nuit (presque) sans sommeil.

 

Trois jours durant, Tana et ses environs s’offrent à nos promenades. Ruelles étroites vers la ville haute, circulation folle, marchés débordant de fruits magnifiques, foule affairée et toujours souriante (Tana et ses banlieues, ce ne sont pas moins de 2 millions d’habitants, et le verbe survivre y prend tout son sens), enfants à l’affût d’un bonbon ou d’un stylo. Depuis les hauteurs de la ville, à coté du palais de la Reine illuminé par le soleil couchant se déroulent à l’infini la terre rouge et les rizières.  Ne pas rentrer trop tard à l’hôtel Sakamanga, il fait nuit noire à 18 h. Au cours d’un long entretien avec une congrégation de religieuses, nous remettons vêtements et fournitures scolaires préparés pour les familles démunies auprès desquelles elles se dévouent.

 

19 juillet :

Départ en minibus de la capitale, direction la côte est. Les étapes prévues vont nous faire découvrir l’incroyable végétation de cette partie du pays, la richesse de sa faune, la variété de ses reliefs, mais aussi les dégâts de la déforestation continue. Les premiers lémuriens qui croisent notre route, doux et gentils comme d’amicales peluches, se régalent des nèfles que nous leur offrons. Mais que la nuit est fraîche à Andasibe, haut dans la montagne, et comme nous savourons la chaude soupe de légumes de l’hôtel Feon’ny Aka niché dans la verdure, entre bananiers, arbres du voyageur et fougères géantes !

 

La journée du lendemain est décidément sous le signe des lémuriens. Les lémuriens sont partout, depuis les fameux hindri hindri tapis au plus profond d‘une impénétrable forêt, jusqu’à cette espiègle bande qui nous accueille dès le débarcadère à l’hôtel Palmarium, où nous arrivons après une remontée du canal des Pangalanes. Hélas ! Le lendemain, au petit déjeuner, la joyeuse bande devient gang menaçant, et il nous faut lutter de pied ferme contre eux pour ne pas nous faire dérober nos bananes et nos ananas ! Mais, étendus dans un hamac, nous oublions vite les méfaits des lémuriens devant la vision splendide et paisible du lac. Lors de la visite de la réserve Palmarium, les magnificences de la forêt et ses ressources sont un éblouissement. L’après-midi, trajet en bateau vers le village de pêcheurs, de l’autre coté du lac. On y exploite un arbre odorant, le niaouli. C’est de là que partent les flacons de cette huile magique que l’on retrouvera dans les rayonnages de nos magasins bio. Les enfants se laissent rouler dans les vagues de l’Océan indien…

 

22 juillet :

Départ pour Tamatave, la deuxième ville du pays, atteinte après plus de deux heures de remontée calme et sereine du canal des Pangalanes. Le canal, voie de transport essentielle de cette région du pays, fourmille de pirogues de toutes tailles chargées de bois et des feuilles de ravelana qui feront les toits des maisons.

Il pleut souvent à Tamatave, spécialement aujourd’hui dans cette petite Bretagne, où l’on retrouve une ambiance de station balnéaire un jour d’hiver. Mais la pluie n’empêche ni les enfants de tester la piscine de l’hôtel Sharon, ni les parents de faire le marché. Nous en revenons dûment approvisionnés en vanille, cet or noir que l’on trouve ici à profusion, et qui réjouira les odorats de nos familles et amis. Tamatave est le royaume des pousse-pousse : il est vrai que ce mode de transport ici plébiscité nous heurte …

 

23 juillet :

Lever aux aurores. Plus de deux heures de voyage tourmenté en minibus sur des routes cahoteuses nous conduisent à l’embarcadère d’où part le bateau pour l’île Ste-Marie. La mer est mauvaise, les vagues gigantesques, les passagers bien secoués – mais quelle surprise d’apercevoir de loin une baleine – la première baleine que je vois de ma vie ! – arracher de l’eau son corps gigantesque en un saut étonnement gracieux !

Nous voici installés sur la côte ouest de l’île Ste-Marie. Ici on se croirait dans un roman de Le Clézio. L’hôtel Libertalia est tout en bois, grand ouvert sur la mer, et notre bungalow se dresse à deux pas des vagues. Coquillages géants, grandes fresques au mur, hamacs, canapés profond, beaux jeux de solitaire, et même un perroquet qui fredonne La Marseillaise à la demande. Une jetée conduit à un îlot en forme de baleine. Au menu du soir, crabe coco, langouste au curry, brochettes de zébu, bananes flambées. On trouve de la vanille jusque sur la salade de tomates !

 

La journée suivante, elle, est sous le signe des baleines. La chance nous sourit pendant toute cette excursion où de sympathiques cétacés encerclent le bateau pour nous offrir un festival de sauts spectaculaires ; nous croisons même une maman baleine avec son tout petit bébé baleineau de quelques tonnes. Pour toute la famille c’est une fabuleuse découverte, et grâce aux explications de la jeune éco-volontaire, nous voici devenus des érudits en matière de mammifères marins.

 

25 juillet :

De l’île Ste-Marie nous passons en pirogue sur l’île aux Nattes. Cette île, c’est un paradis terrestre, un décor de carte postale, un pur enchantement. Le long de plages où les palmiers sont presque allongés sous les assauts du vent, on se croirait seuls, Robinsons du bout au monde. Entre les baignades (attention aux oursins !) et les randonnées en bord de mer, nous n’avons envie de rien d‘autre qu’admirer ce paysage de rêve comme peut-être nous n’en verrons plus jamais de notre vie. Et même une après-midi de pluie au Baboo Village apporte cette sensation étrange et pénétrante du temps qui n’appartient qu’à nous.

 

28 juillet :

Retour sur Ste-Marie pour prendre l’avion direction Antananarivo. Cette fois nous n’allons pas à l’hôtel Sakamanga, mais dans un hôtel tout en hauteur, le Relais de La Haute Ville. La journée suivante est consacrée aux derniers achats et cadeaux avant le grand départ : épices, rhum, jolies boîte de rafia pour y mettre la vanille, un djembé, quelques-unes de ces petites voitures découpées dans des canettes de bière ou de coca. Nous avons entendu parler d’une association qui prend en charge les enfants des rues, nous lui laissons vêtements et médicaments.

 

30 juillet :

Les cœurs se serrent en quittant l’île rouge. Nous partons les yeux pleins de visions, celles des enfants qui sourient malgré leur dénuement, celles de cette magie de couleurs et de parfums, de l’incroyable variété des paysages. Nous n’oublierons ni les baleines à protéger ni nos amis du gang des lémuriens. Nous partons avec la promesse de revenir.

 

Merci à toute l’équipe de Jacaranda, à Lova, aux équipes de tous les hôtels où nous avons séjourné, pour ce beau voyage conforme à nos attentes.