20 novembre 1974. Le pont de la Sofia, le plus long de Madagascar avec ses 810 mètres, est inauguré officiellement. Il reliera la ville de Port-Bergé à celle d’Antsohihy sur la route nationale du Nord (Antananarivo-Antsiranana). C’est le résultat de la coopération germano-franco-malgache.
Sa mise en service qui permettra à la RN6 d’être accessible à longueur d’années, devra effacer les déboires des paysans, touristes et autres vacanciers en saison des pluies. «Durant cette longue période en effet, la traversée du fleuve Sofia par le bac comportait mille et une difficultés que les itinérants tout bien intentionnés qu’ils soient, avaient du mal à surmonter» (Elisoa Ranaivoarivao).
La cérémonie d’inauguration est présidée par le général Gilles Andriamahazo, ministre de l’Aménagement du territoire, entouré de Daniel Rajakoba (Fonction publique et Travail), Jaona Mampila (chef de la province de Mahajanga), Victor Ratongasoa (conseiller populaire du développement élu à Antsohihy), ainsi que de Alfred Vestring, ambassadeur d’Allemagne fédérale, et Desmazières de l’ambassade de France.
Le général Gilles Andriamahazo souligne à l’occasion l’importance de la mission de la coopération internationale. Elle permet à des pays développés comme l’Allemagne et la France, de venir en aide à un pays en voie de développement et «la nation malgache peut être fière aujourd’hui d’avoir un si bel ouvrage d’art».
Situé à environ 15 kilomètres de Port-Bergé, le pont de la Sofia permet désormais d’établir une liaison permanente entre des régions à forte productivité agricole. À savoir Antsohihy, Mandritsara, Befandriana-Nord, Bealanana et Analalava. Confiée à la suite d’un appel d’offres international à la Société des grands travaux de l’Est, le chantier dure trente mois et coûte un milliard de francs malgaches.
Pour réaliser les travaux, il a fallu 650 tonnes de pieux-tubes métalliques de fondation, 9 000 m3 de béton (3 500 tonnes de ciment) et 1 100 tonnes d’acier pour béton armé et béton précontraint.
Cependant du fait du délai impératif de trente mois de sa construction, plusieurs difficultés sont rencontrées nées de cette contrainte. À cela s’ajoutent l’isolement du chantier et les dures conditions de travail imposées par la nature, avec la conjugaison de la chaleur, des pluies, des crues, etc.
Des problèmes techniques surgissent également. En particulier en ce qui concerne l’enfoncement des tubes-pieux à une profondeur de 40 mètres, leur vidage et leur ancrage auprès de la marne dure, ainsi que la construction d’îlots, digues, ponts provisoires et enceintes en palplanches métalliques pour le travail dans le lit du fleuve.
À l’époque de son inauguration, le pont de la Sofia est considéré parmi les plus importants du continent africain. Le fleuve a un lit mineur de 250 mètres en saison sèche et un lit majeur de 800 mètres en saison des pluies. Le gigantesque ouvrage permettra de le franchir en toute saison.
C’est un bel exemplme de coopération internationale à plus d’un titre, écrit la journaliste. «Non seulement il est le fruit d’une collaboration franche entre des États amis (France, Allemagne fédérale, Madagascar) mais encore si sa réalisation a pu être menée à bonne fin, c’est grâce à des hommes de diverses nationalités dont le savoir-faire et la compétence n’ont d’égal que la volonté de réussir et qui, face aux mêmes difficultés, aux mêmes épreuves, n’ont été animées que d’un seul et même désir : servir…»

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4385 du 14-08-2009