TRADITIONS.  Les Malgaches sont très attachés à leurs us et coutumes. Dans le nord de l’île, on pratique encore des rites hérités des ancêtres.

Les « Besaraka » sont une ethnie qui vit dans la partie nord-est de la grande île. On les trouve surtout à Sambava et Antalaha. Leur originalité réside dans le fait qu’ils sont des cousins des Betsimisaraka. En fait, cette parenté provient d’un brassage ethnique qui s’est réalisé dans l’ancien temps des mariages entre groupes différents. C’est la raison pour laquelle le dialecte Besaraka est le même que celui des Betsimisaraka. Les Besaraka pratiquent une cérémonie religieuse appelée « Tsakafara ». Selon le mpijoro ou prêtre traditionnel de la localité d’Antanambao Daoud, district de Sambava, que nous avons consulté, le « tsakafara masina ou cérémonie de vœu exaucé dans  la localité des Besaraka a lieu généralement vers le mois de juillet à Août. Bien avant d’autres cérémonies comme celles de l’inhumation ou famadihana de la région centrale et/ou « asa haragna » dans la SAVA, Analanjirofo  et Antsinanana.  Voici les points importants d’une cérémonie de vœu, à la façon des besaraka mais selon la tradition ancestrale sakalava. Notez qu’un prêtre traditionnel est nommé par la population locale en tenant compte de son savoir  en matière de tradition, us et et coutumes ancestrales locales. A notre interlocuteur de relater les explications sur le déroulement d’une telle cérémonie (de la préparation jusqu’à la finalité) 

Origine de la cérémonie.  A Antanambao,  Daoud, un père de famille, a émis un vœu sur l’avenir de ses enfants. Il l’a adressé à Dieu, mais aussi à  ses propres ancêtres (parents et grands parents).  Il dit : «Si mes enfants, ou même l’un d’entre eux  obtiennent  des emplois au sein de l’administration, j’offrirai en sacrifice un zébu en remerciement. J’enduirai de la graisse de l’animal le cercueil de chacun de mes aïeux».

Préparation de la cérémonie.  Une fois le vœu exaucé, le père de famille se prépare à honorer ses engagements. Après avoir acheté un zébu appelé « aomby mazava loha ou un zébu avec une tache blanche sur  le crâne », il consulte un mpimasy ou un  voyant qui lui indique le jour favorable à l’accomplissement  d’une cérémonie de ce genre. Ensuite, on choisit le lieu où cette dernière va se dérouler. Il s’agit d’un endroit près de la maison familiale. On érige un hangar ou  « alonjy ». Le prêtre procède alors à un « joro » .  Le lendemain matin, le zébu à abattre est amené tout près du cimetière où se trouve une large place aménagée à cet effet. C’est ici qu’est érigé un tronc de bois de taille moyenne où est enfoncée la tête du zébu abattu avec sa corne en guise de témoignage de la cérémonie. C’est avec le bout extrême du fisonkina qu’est mis le crâne de zébu portant les deux cornes. Le culte de  la cérémonie de vœu se passe dans l’espace large  situé près du cimetière et près du fisonkina.

La grande cérémonie.  Le sacrifice du zébu peut alors commencer. Le sang du zébu est recueilli dans un récipient. Plusieurs phases se succèdent. On peut pratiquer le joro manta ou le joro masaka.  Le joro masaka est la plus  grande cérémonie.

 

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7906 du 13-08-2009