La crise mondiale vient de frapper les médicaments de spécialité. Les prix sont révisés à la hausse.
Une galère de plus pour les ménages. Les prix des spécialités médicamenteuses connaissent une hausse en ce moment. Cette augmentation concerne surtout les antibiotiques comme Augmentin, Roken, Hiconcil, Totapen et d’autres, ainsi que les fortifiants. En l’espace de quelques semaines, le coût de l’antibiotique Totapen a carrément doublé. « Auparavant, le flacon coûtait 3300 ariary avant de grimper à 7150 ariary », fait remarquer une gérante de pharmacie de Tsaralalàna. Certains pharmaciens ont également signalé une augmentation du coût des médicaments pour les hypertendus, à l’instar du Fludex-LP ou Vastarel.
Selon Jean Rojo Rabemanantsoa, président de l’ordre des pharmaciens, cette hausse des prix s’explique par différents facteurs. « A cause de la crise mondiale, certains laboratoires pharmaceutiques ont tenu à augmenter les prix de leurs produits. Il s’agit notamment des spécialités antibiotiques à base d’amoxicilline tels que Hiconcil et consorts. La marge enregistrée est de l’ordre de 50 à 75% pour ces antibiotiques », soutient-il. Ce responsable précise que la dépréciation de l’ariary ajoutée à la hausse du coût des transports maritimes viennent en outre expliquer ces augmentations de prix. Chez des pharmaciens de la capitale, la gamme des fortifiants comme Hydrosol, Alvytil est majorée de 20% depuis le mois dernier.
Même principe actif
Du côté des médecins, la recommandation des médicaments de spécialité comme les antibiotiques relève d’une question de choix. « Pour certains médecins, prescrire des médicaments génériques pour le traitement ou ceux dits de spécialité dépend de leur choix. Il existe par exemple des médicaments génériques dont le principe actif est bel et bien en équilibre et d’autres qui ne le sont pas, de sorte qu’ils ne guérissent pas les malades », met en garde le docteur Kalory Rakotovao Ravahatra, présidente de l’ordre des médecins. Elle précise que les deux types de médicaments contiennent le même principe actif.
Les retombées de cette hausse se font de surcroît sentir sur le budget des ménages. « Mon bébé de treize mois vient de souffrir d’une infection grave au niveau du système respiratoire.
Son médecin traitant lui a préconisé un antibiotique de spécialité qui vaut très cher », se plaint Onjatiana Ramaromanana, une mère de famille.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4383 du 12-08-2009