Les villages de la commune rurale d’Antoetra, en pays « Zafimaniry », dans le district d’Ambositra, accueillent chaque année de nombreux touristes étrangers pour faire l’écotourisme et surtout admirer le savoir-faire sur le travail du bois du peuple « Zafimaniry », classé patrimoine mondial par l’UNESCO. Parmi ces touristes étrangers, il existe des bienfaiteurs comme Angely et Joly, cet homme et cette femme à l’esprit humanitaire qui ont décidé d’aider les habitants à sortir de leur pauvreté.

Fonds

Angely et Joly après leur visite dans les villages d’Antoetra et dès leur retour en France, se sont mobilisés pour récolter des fonds destinés à aider les habitants de leurs villages d’accueil, les amis « Zafimaniry » à se nourrir. Pour ce faire, aussitôt les fonds collectés, ces deux personnes ont fait appel à l’association humanitaire « Babakoto-France » déjà présente dans la commune d’Antoetra depuis plusieurs années à travers des actions humanitaires. Un appel à l’association humanitaire « Babakoto-France » de Angely et Joly pour un soutien opérationnel dans le but de définir, de mettre en œuvre et de contrôler cette aide.

Aide agricole

L’association humanitaire « Babakoto-France » ayant répondu positivement à l’appel, a donc travaillé de concert avec ces bienfaiteurs pour trouver ensemble, une aide efficace axée essentiellement sur les familles les plus démunies, en pérennisant les actions et sans tomber dans la solution facile de l’assistant. Après bien des échanges et réflexions, les initiateurs avec le concours du maire d’Antoetra, Maurice a décidé de fournir une aide agricole à ces familles les plus démunies des villages d’Antoetra. Les familles les plus pauvres ont donc été sélectionnées. Les sélections ont été faites à la base selon un processus participatif, pour les hameaux par les chefs de fokonolona, pour les villages par les chefs de fokontany et tout cela sous le contrôle et le suivi du maire de la commune. Pour que ces démarches puissent répondre réellement à des actions sélectives sans complaisance, selon des critères bien déterminants.
Chaque famille a donc reçu 20 kg de semences de pommes de terre pour quelques ares de culture, une angady (bâche) et des engrais organiques nécessaires. Une formation dans la culture de la pomme de terre a été aussi dispensée par des techniciens locaux de l’agriculture à ces familles pour mener à bien toutes les étapes culturales. Une formation spécifique acquise que les paysans mettront à profit dans la capitalisation des acquis pour faire développer les cultures de contre-saison et pour diversifier leurs revenus.
Le choix de la culture de la pomme de terre s’est imposé, car sa récolte arrivera à une période difficile dite « de soudure ». Cette récolte permettra aux familles de se nourrir à une période où les réserves de riz dans l’année, dans les greniers, s’épuisent. De plus, en vendant les surplus des récoltes de pommes de terre, ces familles pourront se faire un peu d’argent et équilibrer leur alimentation et atténuer les effets néfastes de la crise alimentaire dont la période se situe de septembre à mars, chaque année dans la région. Soit 6 mois environ sur 2 ; Un bel exemple d’aide individuelle, initiée par des touristes bienfaiteurs, à suivre.

Extrait Midi Madagasikara – Parution N°7904 du 10-08-2009