Un professeur de l’Université d’Antananarivo, récipiendaire d’un prix international en biologie de conservation. Le 23 Juillet 2009, le Dr Daniel Rakotondravony, chef de Département de Biologie Animale auprès de l’Université d’Antananarivo, a été le récipiendaire d’une bourse donnée par le Field Museum of Natural History, à Chicago, Etats-Unis et connu sous le nom de « Parker /Gentry Award for Conservation Biology ». Il était accompagné par son épouse, Odette Raeliarisoa, pour recevoir le prix lors d’une réception tenue au Field Museum. Ce prix porte le nom des deux célèbres biologistes américains, Ted Parker (Ornithologue) et Al Gentry (Botaniste), qui ont été tués dans un accident d’avion lors d’une reconnaissance de la forêt de haute montagne d’Amérique du Sud. Créé en 1996, le prix Parker/Gentry honore une personne, une équipe ou une organisation d’exception dans le domaine de la biologie de conservation.

Les travaux de cette personne, équipe ou organisation ont eu un impact significatif sur la préservation du patrimoine naturel mondial et ses actions et son approche peuvent servir de modèle pour d’autres. Le prix annuel est destiné à mettre en évidence des travaux qui pourront apporter des bénéfices (intérêts) par large diffusion et dissémination de résultats scientifiques.

Dr. Daniel Rakotondravony est un mammalogue et un biologiste de conservation. Il a joué un rôle crucial dans la promotion de la science de la conservation à Madagascar. L’extraordinaire particularité de sa biodiversité couplée à la déforestation massive met la Grande île parmi les pays top prioritaires en matière de conservation sur la planète. L’île n’a pu retenir que 8% de sa couverture végétale, elle vit de profonds problèmes socio-économiques, et elle vient de sortir d’une longue période au cours de laquelle la conservation n’était pas une priorité du gouvernement ; les premières décennies du 21ème siècle sont essentielles pour faire progresser sa protection.

En tant que mentor pour des générations d’étudiants malgaches et un collègue pour des chercheurs malgaches et étrangers, le Dr Rakotondravony est une des personnes exceptionnelles dans le système universitaire national. Par exemple, avec une subvention de la Fondation John D. et Catherine T. MacArthur Foundation, le Dr Rakotondravony a mis en place une nouvelle Formation Diplomante en biologie de conservation pour les étudiants de l’Université d’Antananarivo.

En outre, le Dr Rakotondravony et ses collègues, y compris les étudiants qui travaillent avec lui, ont été activement impliqués dans l’obtention et l’analyse des données associées à la promotion du nouveau système d’aires protégées de l’île, la plus grande partie de cette nouvelle information provenant en grande partie des inventaires biologiques qui ont résulté en un remarquable taux de découverte et de description de nouvelles espèces. La quasi-totalité de ces nouveaux organismes sont endémiques de Madagascar, ce qui signifie qu’elles n’existent nulle part ailleurs dans le monde. Il a siégé comme jury pour plus de 120 étudiants malgaches qui ont terminé leurs mémoires ou leurs thèses dans le cadre de leurs études de Troisième cycle. Dr Rakotondravony a écrit ou est co-auteur de plus de 70 publications scientifiques, y compris des monographies et des chapitres de livre.

Environ 200 personnes ont assisté à la cérémonie de remise de prix. Plusieurs participants étaient des scientifiques reconnus dans les domaines de la conservation et de la biologie, des dirigeants de différentes organisations, des collègues et des amis. Dans son discours sur les réalisations du Dr Rakotondravony, le président du Field Museum, John M. McCarter cite : « Pendant près de trois décennies, le Dr Rakotondravony a joué un rôle clé dans l’avancement de la connaissance de la biote de l’île, par les recherches que lui et ses étudiants ont effectuées sur le terrain. Il s’est impliqué avec enthousiasme et passion dans la promotion de divers programmes de conservation et a été un mentor pour des générations d’étudiants malgaches qui sont les leaders d’aujourd’hui dans différents domaines qui touchent à la conservation et la science. Son travail a eu un impact significatif sur la préservation du patrimoine naturel de Madagascar. »

Extrait Madagascar Tribune – jeudi 6 août 2009