Le remblai sur la route digue afflige beaucoup de riziculteurs en ce moment. La conséquence en est que la saison culturale risque d’être chamboulée.
Déséquilibre de l’irrigation de la rizière du Betsimitatatra, dans le fokontany d’Andohatapenaka. Une grande partie de la plaine se trouve submergée d’eau tandis qu’une autre souffre du manque crucial de ce même élément. Sur le côté nord du Centre de développement d’Andohatapenaka, il est difficile d’apercevoir les limites des parcelles. En campagne, les mottes de terre retournées attendent leur part d’irrigation. À entendre la plainte des paysans, cette situation les change de leurs habitudes. « Nous sommes complètement désemparés en voyant ce déséquilibre de l’irrigation. À la même période, chaque rizière jouit convenablement de sa part d’irrigation de sorte qu’on peut travailler normalement la terre », fait remarquer Sylvie Andriamanantsoa, représentant les paysans de ce fokontany.
À côté, les riziculteurs craignent fortement la perte de leur récolte de cette saison si le problème perdure. « Toute la pépinière qui doit être repiquée ici est menacée de pourriture, s’il faut encore attendre des jours. Mais en ce moment, le repiquage est impossible tant que l’eau n ‘est pas bien répartie », rouspète Rakotondrafara, un riziculteur qui vit au milieu des rizières depuis une trentaine d’années. Le repiquage devrait normalement avoir lieu au début du mois d’août à septembre.
Calendrier d’irrigation
En reconstituant leurs observations des années précédentes, ces agriculteurs donnent tort au remblai qui couvre une surface importante près de leur rizière. De surcroît, le canal d’irrigation répartissant l’eau à l’étendue de la plaine a été asphyxiée par le remblai alors que la vanne d’Avaradosoka continue de verser de l’eau.
De son côté, le directeur général de l’Autorité pour la protection contre l’inondation de la plaine d’Antananarivo, Phillipe Rateloson soutient que le problème a trait au calendrier d’irrigation.
« L’eau ne se déverse pas d’un seul coup mais petit à petit afin qu’elle puisse se répartir convenablement, selon la demande des paysans. Les parties se trouvant en amont de la vanne seront les premiers bénéficiaires », indique-t-il. Mais ce détail technique ne soulage pas les paysans. « Nous n’avons jamais connu un tel déséquilibre de la répartition de l’eau auparavant. Ce à quoi nous assistons actuellement se révèle inquiétant », explique Elysée Rainitelo, un paysan dont la rizière est vide jusqu’ici.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4371 du 29-07-2009