La production crevettière malgache se porte mal. La faiblesse du marché extérieur et le tarissement des ressources nationales en sont les causes.
De 9000 tonnes chaque année de 2002 à 2004, la production a baissé de 3000 à 4000 tonnes durant la période 2007-2008. La diminution de l’effort de pêche en est une des principales causes. Cette mesure a été prise compte tenu du comportement du marché extérieur et de la menace de disparition des espèces. De ce fait, une règlementation réduisant les efforts de pêche à raison de moins 20% en moyenne pour chaque année a été adoptée. La campagne de pêche est réduite en conséquence de 8 à 5 mois pour les bateaux d’une capacité de 150 tonnes.
Perte de compétitivité
Sur le marché extérieur, la crevette malgache a perdu sa compétitivité face aux produits des pays concurrents. Malgré leur qualité médiocre, ces crevettes percent le marché grâce à leur prix moindre. L’adoption de la disposition a permis aux sociétés d’exportation de réduire les charges d’exploitation. « Les crevettes des pays concurrents sont vendus à un prix moins élevé c’est pourquoi les consommateurs européens sont intéressés d’autant plus que leur pouvoir d’achat a été affecté par la crise financière internationale » explique un responsable d’une société productrice.
« La réduction de l’effort de pêche nous est alors nécessaire de par cette perte de compétitivité mais elle permet aussi une réduction des charges d’exploitation » poursuit-il.
Par ailleurs, la diminution de l’effort de pêche contribue au développement des ressources, car le raccourci de la période de campagne donne plus de temps aux crevettes de se multiplier et de grandir.
Outre cette mesure, les acteurs de filière espèrent une disposition sur les carburants et les aliments des crevettes. Selon Nicolas HertKorn de l’Agence française de développement, spécialiste en la filière, le carburant représente un tiers des charges, vient au second plan la farine de poisson destinée à la nourriture. « Une forme de subvention ou une détaxation sur le carburant, et le remplacement de la farine de poisson par de la farine agricole devra aider les opérateurs à regagner de la compétitivité » annonce ce spécialiste.

Extrait l’Express de Madagascar – Edition n° 4363 du 20-07-2009